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La Trahison, entre silences, transmission et réconciliation

By mai 20, 2026 Actu

Myriam Jebbor, journaliste, rédactrice et auteure, explore à travers son roman La trahison les liens familiaux, les héritages invisibles et les blessures silencieuses qui traversent les générations. Entre mémoire, maternité et introspection, elle livre un récit profondément humain où la littérature devient un espace de réflexion, de transmission et de réparation.

 

«Ouvrir un livre, c’est se retirer du vacarme du monde pour habiter une pensée, une émotion, un silence.»

 

Comment est né la trahison ?
La trahison puise sa source dans la vie, tantôt amère, tantôt sucrée, dans ce qu’elle donne puis reprend. Je me suis inspirée de récits, de livres, de films et de témoignages autour de la famille et de la transmission, des thématiques qui me passionnent depuis toujours.
Il ne s’agit pas d’une autobiographie, même si Hannah, la narratrice, est journaliste comme je l’ai été, issue d’un couple franco-marocain et née à Rabat, comme moi.

Au fil de l’écriture, j’ai réalisé que mon histoire personnelle et mon ancrage familial traversaient naturellement le roman. Il y a toujours une part de soi dans un livre.

J’écris avant tout pour raconter l’histoire de personnages auxquels je m’attache. Les lieux, l’intrigue et les émotions se dévoilent peu à peu, presque avec évidence.

Il y a toujours une part de soi dans un roman.

Que transmet ce livre aux parents ?
Je ne pense pas que mon livre apporte des réponses, mais il raconte une histoire universelle : celle de l’amour maternel.
Quand j’ai commencé à écrire La trahison, j’étais maman et enceinte de mon troisième enfant. Je voulais explorer ce lien originel, intime et universel à la fois, dans toute sa beauté mais aussi sa douleur.
Nous portons en nous l’histoire de nos parents et ce qu’ils nous transmettent parfois malgré eux.

La trahison raconte les silences, les hontes, les fragilités et les renoncements. Le parcours d’Hannah met aussi en lumière le pouvoir de la psychanalyse, qui aide parfois à défaire le fil de nos blessures, poser des mots sur la souffrance et se réconcilier avec soi-même pour avancer.

Nous portons en nous l’histoire de nos parents.

Pourquoi la littérature reste essentielle aujourd’hui ?
À une époque où tout s’accélère, la littérature offre un espace de respiration et de lenteur.

Ouvrir un livre, c’est se retirer du vacarme du monde pour retrouver une pensée, une émotion, un silence. Nous avons de plus en plus besoin de ce refuge. La littérature nous rappelle qu’il existe encore des expériences humaines qui demandent du temps, de l’attention et une autre forme de présence au monde.
Même si je reste profondément attachée au livre traditionnel, je suis convaincue qu’il doit aussi évoluer avec son époque.

Je trouve notamment très intéressant le développement des livres audio, qui permettent de continuer à faire vivre la littérature au quotidien, autrement, mais avec la même intensité émotionnelle.

La littérature offre un espace de respiration.