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A la rencontre de Khouloud Arif

Architecte de formation, chef d’entreprise et mère de 2 charmants enfants, Khouloud Arif est une femme accomplie. En plus de ses nombreuses occupations, elle réussit à accorder du temps à sa passion : la préparation maison de produits naturels cosmétiques et ainsi que des soins naturels et des confections alimentaires artisanales issus d’agriculture biologique de la ferme familiale. C’est le début d’une belle aventure que nous allons essayer de vous faire vivre le temps d’une interview avec notre guest du jour !

« La durabilité n’est guère une question de sexe ou de genre. L’Homme avec un grand H a un rôle crucial dans le processus de développement durable car il est situé au sommet de la chaîne alimentaire tout simplement, d’où notre immense responsabilité envers notre terre nourricière. »

Quelles sont vos actions en faveur d’une construction d’un monde plus durable ?

Pour moi, un monde plus durable est d’abord un monde qu’on est fier de transmettre à nos enfants, donc un monde plus juste, plus équitable et plus serein. Je milite pour ce monde-là au quotidien, d’abord en tant que maman de deux enfants, ensuite en tant qu’architecte dont les actes de bâtir sont immuables et impactent durablement la réalité spatiale de nos villes, et enfin en temps qu’admiratrice des trésors de la nature que je cherche à mettre en valeur afin e mieux les partager autour de moi.

Pouvez-vous nous donner les grandes orientations de votre projet ?

Mon objectif principal vise d’abord une réconciliation de l’Homme avec la nature. J’encourage mon entourage à utiliser au quotidien, des produits naturels et bio, des produits cultivés avec amour et passion dans le strict respect des traditions et des procédés ancestraux que j’ai eu l’immense chance d’inculquer de mes grands-mères, de ma mère et ma belle-mère.

Pourquoi avoir fait le choix d’une reconversion dans ce domaine ?

Il n’y a pas de reconversion mais plutôt une complémentarité avec mon activité d’architecte. C’est plus une passion que je souhaite partager avec mes amies qu’un nouveau métier à proprement parler.

Est-ce que le COVID a impacté votre démarche ?

Le COVID n’est qu’un électrochoc culturel et social qui a réveillé les consciences et nous a fait admettre la dure réalité de notre mode de vie trop rapide, trop superficiel, et trop détaché de la nature.

Pensez-vous qu’il ait été favorable à un éveil de consciences, à une envie d’opter pour un mode de vie plus responsable et durable ? Dans quelles mesures ?

Oui, effectivement bien des personnes se sont a fortiori remises en cause et se sont réorientées vers le naturel et le simple… car le confinement en soi est une pause méditative qui permet de réfléchir plus simplement et plus durablement à sa condition d’être humain.

Comment définiriez-vous la transition écologique au Maroc ?

La transition écologique au Maroc malgré tous les efforts déployés, me semble encore timide, pas très opérationnelle et encore balbutiante. La transition écologique veut des actes forts, une volonté politique ferme et un courage économique à toute épreuve. On doit être la locomotive mondiale dans ce domaine et rompre avec le plagiat timide des pays occidentaux. C’est à eux de nous prendre comme exemple, en tout cas, ça reste mon rêve le plus cher mais on est encore loin.

Selon vous, dans quelles mesures un mode de vie durable, peut-il être vecteur de développement économique et social ?

Un monde durable, c’est un espace propice à une société et à une économie qui vont s’épanouir à long terme de manière sûre et sereine. Un développement économique et social sauvage est certes propice à des gains rapides et conséquents mais est voué à un échec certain sur le long terme, car nul n’est censé ignoré que toute énergie physique est périssable. L’homme cupide et égoïste ne peut que se tuer lui-même par lui-même.

Selon vous, quels rôles doit y jouer la femme ?

La femme ou l’homme peu importe ! La durabilité n’est guère une question de sexe ou de genre. L’Homme avec un grand H a un rôle crucial dans le processus de développement durable car il est situé au sommet de la chaîne alimentaire tout simplement, d’où notre immense responsabilité envers notre terre nourricière.

 

Pourquoi est-il indispensable de renforcer l’implication des femmes dans ce type de démarche ? Qu’en est-il dans votre projet ?

La femme reste pour moi le meilleur vecteur de transmission des savoirs ancestraux au sein de la famille comme au sein de la société. Elle a la lourde responsabilité dans transmettre le meilleur de notre culture et de notre civilisation à ses enfants. Il est donc indispensable d’encourager son implication effective dans la démarche de durabilité et c’est effectivement ce que j’essaye de faire tous les jours auprès de toutes les mamans et toutes les épouses qui suivent mon travail car elles restent de parfaites ambassadrices pour ma philosophie du savoir-vivre.

Comment envisagez-vous le Maroc de demain ?

Je rêve d’un Maroc pris comme exemple à l’international, un Maroc où la nature a tous ses droits, un Maroc où l’Homme et la nature cohabitent durablement. Nous sommes situés au centre du monde, à la jonction de deux continents, à la croisée des océans. Nous avons une place à prendre sur l’échiquier mondial, une place qui ne saura jongler habilement entre ses impératifs économiques et ses devoirs écologiques. J’espère de tout cœur que cette nation sera notre Maroc, avec toute sa diversité et toute sa richesse naturelle.

Quels messages souhaiteriez-vous partager avec les lectrices du magazine ?

Je dirai à vos lectrices : « croyez en vos désirs, réalisez vos rêves et simplifiez votre vie quotidienne… car l’essentiel est la réalité du monde qui nous entoure et non le monde parfait exhibé sur les réseaux sociaux, un monde superficiel très loin de la réalité qui encourage à la surconsommation, la comparaison et l’insatisfaction. Concentrez-vous sur l’essentiel car la vie est un long fleuve tranquille qu’il faut savoir emprunter avec douceur et légèreté.

Si vous n’aviez aucune contrainte, quel serait votre rêve éco-responsable ?

Mon rêve éco-responsable serait de parfaire au maximum la transmission de nos savoirs et de nos traditions auprès de toutes les franges de la société. Il s’agirait d’intégrer par exemple la culture de la nature au sein du programme scolaire national en tant que matière prioritaire ; de créer un ministère de l’écologie digne de ce nom et écouté sérieusement au sein du gouvernement ; de créer un concours national qui encourage les initiatives citoyennes dans le domaine de l’écologie… autant d’idées certes simples à réaliser mais qui demeurent malheureusement quasi utopiques dans ce monde peut être « trop » tourné vers l’économie du gain.