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à la tête de la chaîne Green Village, Zineb Laghzaoui poursuit l’objectif de sensibiliser la population marocaine aux problématiques de la santé à travers l’assiette. Engagée depuis plus de 10 ans dans le secteur de l’alimentation bio, elle poursuit son action au quotidien en vue de développer toujours davantage la filière au niveau local.

Par : M.W · Photos : DR

 

«Peu importe son mode de vie, chacun a la possibilité de s’informer et d’apprendre à tout moment à consommer autrement.»

 

 

Biologiste de formation, elle décide après de longues années passées à l’étranger de rentrer au Maroc. Heureuse maman de quatre enfants, elle s’oriente à la reprise de ses activités vers le développement personnel. Préoccupée par une question cruciale : pourquoi tombe-t-on malade alors que notre corps fait preuve d’un tel degré de perfection ? Elle oriente ses séances autour du corps et de l’esprit en soulignant le lien intime entre l’équilibre et l’alimentation dans le cadre d’une médecine préventive.

 

 

Pourquoi avoir fait le choix de vous investir dans la filière biologique?
Lorsque j’ai commencé à pratiquer le coaching, j’ai rapidement constaté un manque très important d’information concernant la santé et l’alimentation. Chose plus grave, des idées reçues franchement erronées étaient vraiment ancrées dans les esprits. On entendait fréquemment que tous les produits agricoles marocains sont biologiques, ce qui malheureusement est loin d’être le cas. J’ai alors ressenti comme un impératif de m’investir dans la sensibilisation afin d’alerter les gens des dangers de ces productions peu respectueuses de leur santé et de leur environnement. Très vite, je me suis rendue compte que le mode de consommation que je vantais n’était pas compris et qu’en plus les produits n’étaient pas accessibles au Maroc. L’idée d’ouvrir un espace disposant de tous les produits nécessaires à l’équilibre et à la santé a alors germé.

Pouvez-vous nous donner les grandes orientations de Green Village?
Green Village est une enseigne marocaine multimarque qui propose des produits issus de l’agriculture biologique et de circuits écocertifiés. Cette aventure a débuté il y a 10 ans. Pour nous lancer, nous avions décidé de s’adosser à la franchise La Vie Claire. Depuis, nous avons atteint notre majorité et pris notre indépendance sous le nom de Green Village. Au cours de ces années, ma préoccupation était de présenter un maximum de produits pour permettre aux consommateurs de voir l’incroyable diversité des ressources biologiques (épiceries salées et sucrées, hygiène et beauté, boissons, etc.). Même si cela a été un véritable parcours du combattant pour importer nos produits, j’étais déterminée à aller jusqu’au bout de mon intention. Ma priorité était aussi de valoriser la filière bio marocaine. Cela a représenté un réel investissement mais à présent, je suis fière d’avoir contribué à ce que certains producteurs poursuivent leur démarche dans le bio. Aujourd’hui, nous sommes heureux de proposer 30% de produits marocains et nous poursuivons chaque jour nos efforts afin d’élargir et de consolider la filière locale et par là même, participer au développement durable des régions.

Selon vous, quels sont les enjeux d’une consommation responsable au Maroc?
Outre les enjeux économiques et sociaux notamment à travers la création d’emplois, il y a également de vrais enjeux environnementaux. Les produits phytosanitaires utilisés aujourd’hui polluent énormément ! Quant à la santé, je dirais que ce qui est important en premier lieu pour le consommateur c’est de reconnaitre ce qui est bon pour lui. S’il se détourne des produits qui détériorent sa santé et la planète, cela laissera davantage de place aux produits respectueux de son équilibre et de l’environnement. Ce qui est important c’est que le consommateur prenne conscience que c’est lui qui décide : nous devons tous devenir des consomm’acteurs !

Pensez-vous que la COVID ait été favorable à un éveil des consciences en termes de consommation responsable? A-t-il impacté votre démarche?
La crise sanitaire a été pour beaucoup un électrochoc. C’est comme si, les gens avaient compris en un éclair ce que nous avions essayé de partager avec eux pendant 10 ans. Durant le confinement, ils ont retrouvé le goût du fait maison et aliments simples. Certains en ont profité pour interroger leurs habitudes de consommation et ont pris conscience de leurs impacts négatifs sur leur santé et celle de leurs proches. De mon côté, cela m’a forcément conforté dans ma démarche. Je continue par tous les moyens de communiquer sur les effets désastreux de l’agriculture conventionnelle, sur le péril que courent les abeillers et par là même la survie de toutes les espèces, y compris la nôtre.

Justement, comment envisagez-vous le Maroc de demain en termes de durabilité?
Aujourd’hui, je suis heureuse de voir que nous avons été entendus et qu’aujourd’hui l’alimentation biologique est au cœur de la volonté politique. Le Maroc s’est déjà investi dans le secteur des énergies renouvelables et à présent, avec le programme «Génération Green», l’alimentation biologique va bénéficier de nombreux projets notamment en matière de formation. La conversion vers le bio prend du temps et est difficile. Il faut résolument convaincre les nouvelles générations, les accompagner et les former car le savoir-faire paysan d’antan se fait de plus en plus rare. La filière bio est un vrai vecteur de développement durable. L’Europe a les yeux rivés sur nos potentialités.

Quelles rôle doit jouer la femme dans le développement durable?
Dans le milieu rural, il existe déjà un solide réseau de coopératives féminines qui valorise le savoir-faire ancestral et le terroir. Le programme «Génération Green» le consolidera encore davantage. En ville, je dirais que c’est la maman qui joue un rôle de premier ordre car c’est elle qui nourrit et qui inculque les habitudes de consommation. Malheureusement, elles sont souvent happées par la surconsommation et les produits ultra-transformés. La femme a une vraie responsabilité de transmission et de sensibilisations des jeunes générations. Cette transmission passe bien entendu par l’information.

Si vous n’aviez pas de contrainte, quel serait votre rêve éco-responsable?
Je souhaiterais développer un maximum de lieux où les gens puissent s’informer et prendre conscience qu’ils sont responsables de le leurs choix. Plus précisément, nous avons le grand rêve avec mon mari et nos partenaires d’édifier une zone logistique multidisciplinaire destinée à informer le grand public mais aussi à structurer les partenariats publics-privés. Nous l’ambitionnons dotées de fermes pédagogiques, d’aires de distribution, d’espaces dédiés à l’administration et à la certification, d’un moulin, d’un abattoir et de bien autres infrastructures utiles aux différents producteurs.

Mon message aux lectrices:
Aujourd’hui, l’information est disponible, ne soyez pas en hypnose, ne vous laissez pas guider par le consumérisme. Faites une pause et regarder l’impact que ce type de consommation a eu ces dernières années sur votre santé, celle de vos proches et sur la planète. Il n’est jamais trop tard pour changer de cap. Vous avez le droit de remettre en question les avis que les autres vous donnent. Tournez vous vers la médecine préventive.