fbpx

Nadia Diouri est co-gérante de KOUN, marque éthique, solidaire et écolo lancée en 2017 par Ressourc’In, première Entreprise Sociale d’Insertion (ESI) au Maroc et projet de l’Association marocaine Al Ikram-Fondation Valyans. S’inscrivant dans la Slow Fashion et l’économie circulaire, la marque présente des produits conjuguant éthique et esthétique à base de plastique et de papier et carton recyclés au sein de ses quatre ateliers de jeunes en situation précaires, désireux de s’insérer durablement dans le monde du travail.

 

Lauréate de l’ISCAE et l’Université Laval. Mon parcours académique est un mix entre la gestion d’entreprises et le développement international. De par mon expérience, je mets l’innovation et l’entreprenariat social au service du développement social et environnemental.

 

 

Dans quelle mesure KOUN participe-t-elle à la construction d’un monde plus durable?
à travers les actions de KOUN, nous souhaitons élargir le champ de sensibilisation à la protection de l’environnement et former des jeunes leaders du changement en faveur de cette cause. Nous tentons d’encourager à consommer local, responsable et éco-friendly.
Dans cette optique, nous veillons à l’accessibilité de nos produits éco-responsable. Nous nous inscrivons également dans une démarche d’échange en faisant bénéficier les pays d’Afrique subsaharienne de notre expertise technique et entrepreneuriale à impacts social et environnemental. Ces orientations reflètent véritablement notre souci de participer à notre échelle à un monde plus durable.

Pourquoi avoir fait le choix de vous investir dans ce domaine?
Peu exploité et pourtant très porteur, le secteur du recyclage au Maroc offre plusieurs opportunités d’insertion des jeunes. De plus, les métiers verts choisis et les différentes activités de notre chaîne de valeur au sein de KOUN, aujourd’hui, sont faciles à apprendre. à cet effet, soucieux de créer un projet à fort impact, l’étude a rapidement démontré le potentiel de ce secteur et ses impacts à la fois social et environnemental. Nous n’avons donc pas hésité une seconde à nous lancer et ce grâce à l’appui de la Fondation Drosos puis de l’INDH, le Ministère de l’environnement, l’Ambassade des Pays Bas, le MEPI, l’Union Européenne, Erasmus+, Enactus.

Est-ce que la COVID a impacté votre démarche?
La COVID a eu un impact aussi bien plus positif que négatif sur KOUN. L’impact négatif réside dans le ralentissement de la roue économique du pays impactant également notre activité qui survit à la crise grâce à l’appui exceptionnel en période de crise de la Fondation Drosos. D’un autre côté, la COVID a imposé une démarche différente qui a demandé une proactivité et une souplesse dans nos process. Dans ce sens, nous avons réagi rapidement en digitalisant nos services. Nous avons ainsi créé notre premier site e-commerce et digitalisé nos contenus de sensibilisation et de formation.

Pensez-vous qu’il ait été favorable à une envie d’opter pour un mode de vie plus responsable?
La crise sanitaire par laquelle le monde est passé a poussé les populations à se recentrer sur l’essentiel. Il a également été question lors de l’apparition du virus d’un tarissement des ressources. à cet effet, les médias et le gouvernement ont sensibilisé les Marocains à une consommation responsable. Nous entendons notamment par responsable l’achat raisonné, c’est-à-dire acheter uniquement ce qui est nécessaire tout en pensant aux autres lors de l’achat en quantités au vu du temps d’approvisionnement nécessaire qui devait s’adapter au rythme de la consommation.
La COVID a également induit une diminution de la pollution lors du confinement car moins de véhicules et encore moins d’avions étaient en circulation.
Il s’agit sans doute d’une période de questionnements profonds pour tous.

Comment définiriez-vous la transition écologique au Maroc?
Au sein de KOUN, nous parlons plus de transition écologique citoyenne. En effet, les questions environnementales sont dites citoyennes car elles confèrent une force d’innovation sociale.
Dans ce sens, le Maroc s’est engagé dans cette voie et traduit en lois puis projets la volonté de son souverain de créer une auto-suffisance énergétique au Maroc grâce aux énergies renouvelables dites propres. En conséquence, les projets se multiplient, grands et petits, et les soutiens de l’Etat et des organisations financières assoient également le positionnement du Maroc et soutiennent la volonté souveraine vers une transition écologique et citoyenne.

Selon vous, dans quelles mesures un mode de vie durable peut être vecteur de développement économique et social?
En une phrase, utiliser moins de ressources intelligemment, de manière équitable et plus longtemps est vecteur de développement.

Comment envisagez-vous le Maroc de demain?
J’envisage le Maroc de demain comme un leader panafricain de la consommation et de la production éco-responsable. Nous le voyons déjà à près de 100% d’autonomie énergétique à base d’énergies propres et renouvelables grâce au financement de projet éco-responsables et de l’innovation.

Si vous n’aviez aucune contrainte, quel serait votre rêve éco-responsable?
Mon rêve est qu’être éco-responsable soit la norme et non l’exception!

 

Mon message aux lectrices:
Si vous voulez faire partie du changement, KOUN ouvre ses portes aux familles, aux enfants, aux collaborateurs pour assurer ensemble une transition écologique et citoyenne de par nos modes de vie. Nous vulgarisons les concepts, partageons nos techniques et accompagnons les envies de chacun (particuliers, écoles ou entreprises) pour être l’acteur du Maroc de demain.