Sujet intime et parfois délicat, l’argent touche aussi aux émotions, aux limites et à la frustration. Myriem Kettani, coach parentale, explique comment aider les enfants à comprendre sa valeur sans créer d’anxiété ni en faire un tabou.
L’argent révèle souvent chez les parents des émotions comme la culpabilité, la peur de frustrer ou le désir de compenser.

Pour la coach parentale, il est important d’aborder le sujet très tôt avec des mots adaptés à l’âge de l’enfant. Dès 4 ou 5 ans, il peut comprendre qu’un objet a un coût, que les ressources ne sont pas illimitées et que tout ne peut pas être acheté immédiatement. Plus ce sujet est abordé naturellement au sein de la famille, moins il devient tabou. Comprendre l’argent, attendre, faire des choix ou différer un plaisir sont autant de compétences qui participent à l’autonomie future de l’enfant.
Pourquoi les parents ont parfois du mal à dire non
Selon Myriem Kettani, le refus est souvent plus difficile pour le parent que pour l’enfant. Certains adultes cherchent à compenser ce qu’ils ont eux-mêmes vécu dans leur enfance, tandis que d’autres remplacent inconsciemment le manque de temps par des achats.
Pourtant, frustrer un enfant de manière raisonnable ne signifie pas le faire souffrir. C’est lui permettre de développer sa patience, sa gestion des émotions et sa capacité à accepter que toutes ses envies ne puissent pas être satisfaites immédiatement.
Expliquer les limites sans créer d’insécurité
L’enfant peut comprendre qu’il existe des limites financières, sans porter les inquiétudes des adultes. Myriem Kettani conseille de dire : «Ce n’est pas prévu dans notre budget aujourd’hui», plutôt que «Nous n’avons plus d’argent», afin d’expliquer sans créer d’anxiété.
L’amour ne se mesure pas au nombre de cadeaux
Dans une société où la consommation est omniprésente, il est parfois facile de confondre faire plaisir et aimer. Pourtant, ce dont les enfants ont le plus besoin n’est pas d’un nouvel objet, mais d’attention, de présence et de connexion. Les souvenirs partagés ont souvent plus de valeur qu’un achat impulsif. Lorsqu’un enfant se sent écouté, considéré et compris, il cherche moins à combler ses besoins affectifs à travers les objets.








