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Ados : résister à la pression d’acheter

By juin 25, 2026 Enfant

Face aux envies immédiates et à la pression de consommation, dire non peut devenir difficile. Zineb BenYahya, psychanalyste spécialisée dans l’enfance, rappelle pourquoi la frustration est un apprentissage essentiel pour aider l’enfant à grandir.

Notre rôle est d’aider l’enfant à traverser
la frustration, pas de l’éviter à tout prix.

 

Pourquoi certains enfants vivent-ils très mal la frustration ?
La frustration fait naturellement partie du développement de l’enfant. Pourtant, aujourd’hui, beaucoup d’enfants y sont moins confrontés qu’avant. Ils grandissent dans un environnement où tout va très vite : un dessin animé à la demande, une vidéo en un clic ou une livraison en quelques heures.
Lorsqu’un enfant supporte mal la frustration, ce n’est pas forcément qu’il est capricieux. C’est souvent qu’il est encore en train d’apprendre à gérer ses émotions. Derrière une colère ou des pleurs se cache parfois simplement une déception qu’il ne sait pas encore exprimer autrement.
Notre rôle n’est pas de supprimer toutes les frustrations, mais d’aider l’enfant à les traverser progressivement. C’est en apprenant à attendre, à renoncer parfois et à faire face aux déceptions qu’il développe sa patience, sa confiance en lui et sa capacité d’adaptation.

Comment gérer les demandes constantes liées aux jouets, écrans ou marques ?
Face à une demande, il est souvent préférable de ne pas répondre immédiatement.
Introduire un temps de réflexion permet à l’enfant de sortir du fonctionnement impulsif. Une phrase simple comme : «Je comprends que tu en aies envie. Nous allons y réfléchir» peut suffire. Il est également important d’expliquer les choix familiaux. Dire non n’est pas toujours suffisant. L’enfant comprend davantage lorsqu’on lui explique que ce n’est pas prévu dans le budget ou qu’il possède déjà quelque chose qui remplit la même fonction.
Enfin, il est essentiel de lui faire comprendre que sa valeur ne dépend ni des marques qu’il porte ni des objets qu’il possède.

APPRENDRE À ÉCONOMISER SELON L’ÂGE
L’argent de poche peut devenir un excellent outil éducatif lorsqu’il est adapté à l’âge de l’enfant.
Chez les plus jeunes, une petite somme permet de découvrir les notions de choix et de patience. Plus tard, l’enfant peut apprendre à mettre de côté pour un projet qui lui tient à cœur.
L’objectif n’est pas seulement de gérer de l’argent, mais aussi de comprendre qu’obtenir quelque chose demande parfois du temps, des efforts et des priorités.

Les parents d’aujourd’hui veulent-ils trop éviter le non ? 
De nombreux parents souhaitent offrir à leurs enfants ce qu’eux-mêmes n’ont pas toujours eu. Cette intention est généreuse, mais elle peut parfois rendre plus difficile la mise en place de limites.
Pourtant, un enfant a besoin de repères autant que d’amour. Dire non avec bienveillance ne le fragilise pas. Au contraire, cela le sécurise et l’aide à comprendre le fonctionnement du monde.
Un enfant qui entend parfois non apprend progressivement que tous ses désirs ne peuvent pas être satisfaits immédiatement.

Comment poser des limites sans culpabiliser ?
La culpabilité est très présente chez de nombreux parents. Pourtant, poser une limite n’est pas un manque d’amour.
Un parent n’est pas là pour répondre à toutes les envies de son enfant, mais pour l’aider à grandir. Une limite peut être posée avec calme, empathie et fermeté : «Je comprends que tu sois déçu, mais ma décision reste la même.»
L’enfant a le droit d’être frustré. Ce n’est pas dangereux pour lui. Le rôle du parent est de l’accompagner dans cette émotion sans chercher systématiquement à la faire disparaître.

À retenir
La frustration n’est pas l’ennemie de l’épanouissement. Bien accompagnée, elle aide l’enfant à développer sa patience, son autonomie et sa capacité à faire face aux défis du quotidien.