
La périménopause ne concerne pas uniquement les symptômes du quotidien. Elle constitue aussi une période importante pour la santé future, notamment sur les plans osseux, cardiovasculaire, cérébral et métabolique. Le Pr Omar Sefrioui, gynécologue-obstétricien, explique pourquoi cette transition mérite d’être anticipée et accompagnée suffisamment tôt.
«Parler de sa périménopause n’est pas un aveu de faiblesse, c’est un acte de prévention.»

Une période clé pour protéger sa santé future
La périménopause représente une véritable fenêtre d’opportunité. La baisse progressive des œstrogènes peut accélérer la perte osseuse, notamment dans les cinq à dix années qui suivent le début de cette diminution, ce qui rend cette période particulièrement importante pour agir avant l’apparition d’une ostéoporose. Sur le plan cardiovasculaire, les œstrogènes exercent également un rôle protecteur sur les vaisseaux. Leur diminution peut s’accompagner d’une hausse du LDL et d’une modification du profil lipidique, d’où l’intérêt d’un bilan cardiovasculaire précoce. Le cerveau peut lui aussi être impacté, avec des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil ou des fluctuations de l’humeur qui peuvent peser sur la qualité de vie cognitive. Enfin, le métabolisme évolue également, avec une redistribution des graisses vers la région abdominale et une résistance à l’insuline qui peut augmenter. Une vigilance nutritionnelle et une activité physique régulière peuvent alors faire une réelle différence.
Un suivi à adapter après 35-40 ans
Il n’existe pas un bilan unique à imposer à toutes les femmes. Le suivi doit rester personnalisé et tenir compte des symptômes, des antécédents et des facteurs de risque. Un bilan hormonal, notamment avec l’AMH, peut être envisagé lorsque les symptômes le justifient, mais il ne doit pas devenir systématique : la clinique prime souvent et apporte suffisamment d’informations. Un bilan lipidique et glycémique est recommandé tous les un à deux ans. Une ostéodensitométrie, ou DEXA, peut également être indiquée lorsqu’il existe des facteurs de risque, notamment des antécédents familiaux, une corpulence mince ou le tabagisme. Le suivi gynécologique classique reste essentiel, avec frottis et mammographie selon l’âge, et un bilan thyroïdien peut aussi être utile puisque certains troubles de la thyroïde peuvent mimer les symptômes de la périménopause. Enfin, le sommeil, le stress, l’activité physique et la nutrition doivent faire partie intégrante de la consultation, car ils sont souvent sous-estimés alors qu’ils peuvent être déterminants. Ces examens ne sont pas systématiques : leur indication dépend de l’âge, des symptômes, des antécédents et des facteurs de risque de chaque femme.
Ne pas attendre que les symptômes deviennent invalidants
La périménopause ne doit pas être vécue comme une fatalité à subir en silence. Les femmes n’ont pas à attendre que les symptômes deviennent invalidants pour consulter. Plus le dialogue commence tôt avec un professionnel de santé, plus les options sont larges et efficaces, qu’il s’agisse d’hygiène de vie, de traitements hormonaux ou de solutions non hormonales. L’objectif est d’anticiper cette période, de mieux comprendre ce qui change dans le corps et d’agir suffisamment tôt pour préserver la qualité de vie et la santé à long terme.










