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Nadia Skoukdi : championne tout terrain

By mars 26, 2019 Bien-être

Sacrée trois fois championne du Maroc au «contre la montre», deux fois championne «sur route», et arrivée deux fois première au championnat d’Afrique, la cycliste amazighe Nadia Skoukdi, originaire de Aït Abdellah dans la région de Tafraoute, ne compte plus les médailles d’or, d’argent et de bronze qu’elle a remportées. Pourtant, elle se bat au quotidien pour poursuivre son rêve d’enfant.

Propos recueillis par Rim Keddabi · Photos : DR

 

 

 

D’où vous vient cette passion pour le cyclisme?
Depuis toujours, je fais du vélo. Déjà étant jeune, j’avais plusieurs types de bicyclettes à la maison, et j’en faisais dès que j’avais du temps libre. A 14 ans, j’ai rejoint l’Union Sportive Casablancaise (USC), c’est là que j’ai réalisé que j’étais douée et que j’ai vraiment commencé à en faire à un niveau professionnel.

Comment vos proches ont-ils réagi lorsque vous vous êtes professionnalisée?  
J’ai la chance d’avoir des parents amazighs, très ouverts d’esprit, qui adorent le sport. Ils m’ont toujours encouragée à poursuive ma passion et toute ma famille est extrêmement fière de mon parcours et de mes exploits dans les championnats.

Comment êtes-vous traitée par la société en tant que championne marocaine?
Il n’y a aucun soutien de la part de la société, et aucun sponsor pour le cyclisme féminin. C’est très dur de continuer, surtout que depuis 2015, la Fédération ne nous donne plus d’argent. Je ne gagne pas ma vie grâce au cyclisme : c’est ma famille qui se serre la ceinture pour me soutenir financièrement. C’est uniquement grâce à eux que je peux vivre mon rêve.

Et le regard des hommes?
Avec les sportifs professionnels, tout se passe bien, on fait des stages, on s’entraîne ensemble… il y a beaucoup d’entraide. Par contre, lorsque je m’entraîne seule dehors, cela peut être un peu dangereux. Je peux me faire insulter ou agresser, les hommes ne comprennent pas ce que fait une femme sur un vélo, en tenue de compétition.

Vous vous entraînez tous les jours?
Un jour sur deux : entraînement un jour, repos le lendemain, et ainsi de suite. Mes entraînements, je les fais aux alentours de Casablanca : vers Settat, Benslimane, ou Mohammedia…

Qu’est-ce que vous ressentez lorsque vous êtes sur votre vélo?
Je sens que je m’envole, comme un oiseau. Je me sens libre…