
Entre conseils d’experts, réseaux sociaux et nouvelles injonctions éducatives, de nombreuses mères ont aujourd’hui le sentiment de devoir être irréprochables sur tous les fronts. Une quête de perfection souvent épuisante, qui éloigne parfois de l’essentiel : la relation avec son enfant. Khadija Bennani, coach parentale certifiée en parentalité consciente, invite à retrouver une parentalité plus apaisée, guidée par la présence plutôt que par la performance.
«Une mère n’a pas besoin d’être parfaite : elle a besoin d’être suffisamment présente.»
Pourquoi tant de mères ont-elles aujourd’hui le sentiment de ne jamais en faire assez ?
L’illusion de la mère parfaite
Jamais l’humanité n’a eu accès à autant d’informations sur la manière d’élever un enfant : livres, réseaux sociaux, podcasts, experts… Pourtant, beaucoup de mères se sentent plus perdues que jamais.
Si mon enfant fait une crise, ai-je raté quelque chose ? S’il est frustré, ai-je mal réagi ? Cette pression repose sur une illusion : celle qu’il existerait une façon parfaite d’être mère… et qu’il serait possible de tout contrôler.
La parentalité consciente n’apprend pas aux parents comment élever leurs enfants. Elle les accompagne à mieux se connaître pour construire une manière d’être parent qui leur ressemble.
Une mère n’a pas besoin d’être parfaite : elle a besoin d’être suffisamment présente pour réparer, accueillir ses limites et préserver le lien. C’est cette relation profondément humaine qui construit un enfant.
À retenir
La parentalité « suffisamment bonne », concept développé par le pédiatre et psychanalyste Donald Winnicott, rappelle qu’un enfant n’a pas besoin de parents parfaits. Il a surtout besoin d’adultes présents, disponibles et capables de réparer leurs erreurs.
Quel rôle jouent les réseaux sociaux et les nouveaux modèles de parentalité dans cette quête de perfection ?
S’inspirer sans se comparer
Les réseaux sociaux ne créent pas cette pression, mais ils l’amplifient. Chaque jour, ils nous exposent à des milliers de messages sur ce que devrait être une “bonne mère” : cuisiner maison, être toujours patiente, stimuler ses enfants, réussir sa carrière, préserver son couple, prendre soin de soi…
Même certains comptes de parentalité positive peuvent, malgré eux, transformer des outils précieux en nouvelles injonctions.
Or, la parentalité consciente n’est pas une nouvelle liste de choses à faire. Elle nous invite à retrouver notre propre boussole intérieure.
Ils peuvent aussi démocratiser la santé mentale et normaliser les imperfections du quotidien. Comme pour l’alimentation, tout est une question de discernement : certains contenus sont de la “malbouffe” pour l’esprit, d’autres sont profondément nourrissants.
Comment sortir de cette pression permanente sans avoir l’impression d’être une “moins bonne” mère ?
Remplacer la perfection par la présence
Peut-être en changeant de question. Au lieu de se demander : “Suis-je une bonne mère ?”, demandons-nous : “Comment je vais, moi, aujourd’hui ?”
Une mère qui s’épuise à vouloir tout bien faire finit par manquer de ressources émotionnelles. Prendre soin de soi n’est pas un luxe : c’est une responsabilité relationnelle.
Un système nerveux apaisé apaise. Un système nerveux débordé déborde. Pour retrouver cette paix intérieure, j’invite les parents à pratiquer la pleine conscience : ralentir, observer ce qui se passe en soi avant de vouloir corriger son enfant, puis réparer lorsque l’on s’est trompé.
Car la réparation est bien plus puissante que la perfection.
Nos enfants apprennent moins de nos discours que de la façon dont nous nous traitons nous-mêmes.
En s’autorisant à être imparfaite, une mère donne aussi à son enfant la permission d’être pleinement humain.
Idée reçue : Être une bonne mère, c’est tout gérer
Faux. Demander de l’aide, déléguer ou revoir ses priorités n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent la meilleure façon de préserver son équilibre et celui de toute la famille.









