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Des symptômes qui vont bien au-delà des bouffées de chaleur

By octobre 20, 2026 Parents

Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, cycles irréguliers, brouillard mental, troubles du sommeil, douleurs articulaires, changements de peau ou de libido… La périménopause peut toucher de nombreuses fonctions de l’organisme. Le Dr Hicham Ben Abbes Taarji, gynécologue-obstétricien, décrypte cette période de fortes fluctuations hormonales et les solutions qui permettent de mieux la vivre.

«La fluctuation des hormones entraîne aussi une fluctuation des symptômes.»

Des signes parfois très éloignés de l’image classique de la ménopause
La périménopause ne se résume pas aux bouffées de chaleur. Les cycles peuvent d’abord se raccourcir, parfois jusqu’à provoquer deux épisodes de règles dans le même mois, puis s’allonger progressivement. Les règles peuvent aussi devenir plus abondantes. À cela peuvent s’ajouter sueurs nocturnes, insomnie, anxiété, irritabilité, troubles de la concentration et de la mémoire, ce fameux «brain fog » ou brouillard mental.
D’autres symptômes sont moins connus : constipation ou aggravation d’un syndrome du côlon irritable, douleurs articulaires au niveau des genoux, des épaules ou du rachis, fourmillements, sensations électriques, douleurs diffuses ou tensions mammaires. Ces dernières, appelées mastodynies, peuvent apparaître lors des périodes où les œstrogènes sont plus élevés.

Des hormones en « montagnes russes»
Pendant la périménopause, les œstrogènes et la progestérone sont toujours présents, mais leurs taux deviennent très fluctuants. Il peut y avoir des phases de prédominance des œstrogènes, puis au contraire des périodes où ils diminuent. C’est cette instabilité qui explique que les symptômes puissent apparaître, disparaître puis revenir.
Comme les œstrogènes agissent sur de nombreuses parties du corps, leurs variations peuvent toucher le cerveau, l’humeur, le sommeil, la libido, la peau ou les cheveux. Certaines femmes peuvent aussi présenter boutons ou modifications de la pilosité, avec notamment cette «acné de la femme de 40 ans» évoquée par le spécialiste.
Ces fluctuations expliquent également pourquoi les dosages hormonaux sont généralement peu utiles en périménopause : ils peuvent varier fortement selon le moment du prélèvement. Ils sont surtout réservés à certaines situations particulières, notamment en cas de suspicion de ménopause précoce.

Une prise en charge à la carte
Il n’existe pas de traitement unique. La prise en charge doit s’adapter aux symptômes et au moment de la périménopause. Selon les cas, le médecin peut notamment proposer de la progestérone ou des progestatifs. En fin de périménopause, lorsque les signes de carence œstrogénique deviennent plus présents, d’autres schémas hormonaux peuvent être envisagés.
Pour les bouffées de chaleur, le Dr Hicham Ben Abbes Taarji évoque également certaines alternatives comme les phytoœstrogènes, les graines de pollen ou encore des traitements plus récents spécifiquement destinés aux troubles vasomoteurs.

Les compléments alimentaires : lesquels retenir ?
La vitamine D peut être utile lorsqu’une carence est identifiée. Quant aux compléments à base de plantes, notamment le shatavari ou l’ashwagandha, leur efficacité sur les symptômes de la périménopause reste insuffisamment démontrée. Leur utilisation nécessite un avis médical, en raison de possibles contre-indications et interactions. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, un sommeil de qualité et l’arrêt du tabac restent des mesures essentielles.