
Tout commence dans les manuscrits de son père, fqih à Marrakech. Enfant, Abdessamad Bouysramne en observe les pages, les écritures et les signes, sans savoir encore que ces traces nourriront, des années plus tard, sa propre pratique artistique. Du 15 octobre au 28 novembre 2026, l’artiste poursuit cette recherche à la Galerie Abla Ababou, à Rabat, avec son exposition personnelle « Arraqîm ».
Ici, l’écriture ne se lit plus seulement : elle se regarde, se transforme et devient matière. Bouysramne travaille autour de ce qui subsiste lorsque les mots quittent la page. Des signes apparaissent, s’effacent ou se recomposent, comme autant de fragments d’une mémoire qui refuse de disparaître complètement.

Le titre de l’exposition concentre lui-même cette réflexion. « Arraqîm » renvoie à l’idée d’une écriture gravée et d’une matière capable d’en conserver la trace, tout en faisant écho au raqm, le chiffre associé au langage numérique. Deux temporalités se rencontrent alors dans un même travail : celle du manuscrit transmis et celle d’un présent façonné par de nouveaux langages.
Cette tension se prolonge jusque dans la scénographie. Au centre de la galerie, un espace noir autour duquel le visiteur est amené à circuler évoque symboliquement la Kaaba et le mouvement du pèlerinage, sans chercher à les représenter littéralement. Le déplacement fait ainsi partie de l’expérience : il ne s’agit plus uniquement de se placer face aux œuvres, mais de tourner autour, de changer de point de vue et de laisser le regard évoluer avec le parcours.

Avec « Arraqîm », Abdessamad Bouysramne s’intéresse finalement moins à ce que l’écriture raconte qu’à ce qu’elle laisse derrière elle : une empreinte, une forme, une matière. Une manière très contemporaine d’interroger ce que nous héritons du passé — et ce que nous choisissons d’en conserver.
« Arraqîm » — Abdessamad Bouysramne
Du 15 octobre au 28 novembre 2026
Vernissage le jeudi 15 octobre à 18h30
Galerie Abla Ababou, Rabat









