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À Zurich, Laila Fadaoui fait dialoguer le tissage marocain et l’art contemporain

By septembre 28, 2026 Actu, Agenda

Un fil, un nœud, un geste répété puis transmis. Derrière les œuvres de Laila Fadaoui, il y a autant la main de l’artiste que celles des artisanes marocaines avec lesquelles elle travaille. À l’occasion des Zurich Design Weeks 2026, la Myriem Himmich Gallery a présenté « Where the Hand Remembers », une exposition où laine, cuir et papier racontent la mémoire des gestes et la manière dont un savoir-faire continue de vivre lorsqu’il change de forme.

Née à Zurich en 1996 et vivant aujourd’hui entre Zurich et Marrakech, l’artiste et designer marocaine, italienne et suisse entretient un lien particulier avec le Maroc. Après s’être intéressée aux métiers d’art et notamment au travail du cuir à Fès, elle se rapproche de Mrirt, dans le Moyen Atlas, dont la tradition textile devient centrale dans son parcours. En 2023, elle fonde MRIRT, un projet consacré au tapis et à la transmission de ce savoir-faire.

Peu à peu, le tapis quitte pourtant le sol. À partir de 2024, Laila Fadaoui fait évoluer sa pratique vers une recherche plus artistique et personnelle. Une fleur apparaît alors dans ses dessins, avant de devenir l’une des signatures de son travail : une forme qui évoque les cycles de transformation, de disparition et de renaissance. En 2025, elle crée sa première œuvre murale autour de ce motif, présentée à Casablanca par Myriem Himmich Gallery. L’année suivante, le cuir rejoint la laine et apporte davantage de relief et de volume à ses compositions.

À Zurich, ces œuvres prennent une résonance particulière. L’artiste revient dans sa ville natale avec une pratique profondément nourrie par son héritage marocain. Le parcours relie ainsi deux géographies qui lui appartiennent : Zurich d’un côté, Mrirt et les savoir-faire marocains de l’autre.

Présentée par Myriem Himmich Gallery à House of Interiors, « Where the Hand Remembers » rend aussi hommage aux femmes qui perpétuent ces gestes de génération en génération. Une façon de rappeler que derrière la matière et les formes, il reste quelque chose de plus discret : la mémoire de celles qui savent encore faire avec leurs mains.