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Témoignages
Se relever, autrement

By mars 24, 2026 Parents

Face à des épreuves qui bouleversent une vie, certaines femmes découvrent une force qu’elles ne soupçonnaient pas. Zineb Ajar, marquée par l’épreuve du cancer, et Sophia Khalalne, maman d’un enfant à besoins spécifiques, racontent comment la résilience, l’amour et l’acceptation peuvent transformer l’adversité en force intérieure.

 

ZINEB AJAR
«La vraie force, c’est accepter sa vulnérabilité»

Si je devais me décrire aujourd’hui, je dirais que la résilience est devenue mon deuxième prénom. J’ai traversé des épreuves qui m’ont arrêtée net. Des moments où l’on tombe, où ça fait mal. Mais j’ai appris qu’on peut se relever. Pas en niant les cicatrices, mais en les acceptant. Elles ne me définissent pas. Elles racontent mon chemin.

Avant, j’étais une “Iron woman”. Je ne demandais jamais d’aide et j’avançais en pilotage automatique, quitte à m’épuiser. L’épreuve m’a obligée à ralentir, à m’écouter et à me rencontrer. J’ai compris que la vraie force réside dans l’acceptation de sa vulnérabilité : apprendre à recevoir, à dire oui à soi, et parfois non aux autres.

Après dix ans dans l’enseignement, je me suis formée en hypnothérapie, sans vraiment savoir où cela me mènerait. Même un licenciement, d’abord vécu comme un effondrement, est devenu une libération et l’espace d’une réinvention.
Aujourd’hui, je suis hypnothérapeute, coach certifiée et patiente partenaire en formation.J’accompagne des personnes qui traversent des périodes de transition ou d’épreuve. Donner du sens à ce que j’ai vécu et apporter un peu de lumière aux autres nourrit profondément ma mission.
Je n’ai pas d’enfants, mais j’ai des neveux que je considère comme les miens. Ce que je veux leur transmettre est simple : écoutez-vous, respectez vos limites. Votre valeur ne dépend ni d’un poste, ni d’un statut, ni du regard des autres.

Je crois que les épreuves ne viennent pas pour nous détruire, mais pour nous réveiller. Le mental peut faire semblant d’aller bien, mais le corps finit toujours par parler. Aujourd’hui, je vois la lumière autrement : déjà présente tout au long du chemin.
Et il y a la foi. Dans les moments les plus difficiles, je parlais à Dieu chaque jour. Je me sentais entendue. À travers des rencontres, des opportunités inattendues, des présences arrivées au bon moment. Oui, je crois aux miracles.

Aux femmes qui traversent une période difficile : aimez-vous. Vous n’êtes pas obligées d’être fortes tout le temps. Vous avez le droit de ralentir, de pleurer, de douter.

On tombe. Oui. Ça fait mal.
Mais on se relève. Avec nos cicatrices. Avec notre foi. Avec notre lumière.
Et parfois, de l’autre côté de l’épreuve, il y a une version de nous plus alignée, plus libre.
Et cette version mérite d’exister pleinement.

 

Derrière chaque femme qui se relève se cache une histoire de courage, de doutes, de cicatrices et de renaissance. Ces témoignages rappellent que la force ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à trouver en soi la lumière pour se relever.

 

Sophia khadlane
«Le plus difficile des combats, le plus beau des projets»

Il y a onze ans, mon monde a changé.
Suite à une grossesse gémellaire compliquée, mon fils Mehdi est né avec une paralysie cérébrale.

Mon enfant est très différent. Il ne peut ni marcher, ni parler, ni voir, et n’est pas autonome. Les premières années ont été une course contre la montre. J’étais convaincue qu’il devait exister une solution pour le guérir, le réparer, le rendre « comme les autres ». J’ai cherché partout, frappé à toutes les portes.
Puis un jour, j’ai compris que mon combat n’était peut-être pas celui-là.
Mon rôle n’était pas de le rendre « normal », mais de le rendre heureux. De lui offrir une vie douce, confortable, adaptée à ses capacités. C’est à ce moment-là qu’a commencé mon véritable chemin : celui de l’acceptation.
Avec le temps, cette acceptation s’est même transformée en célébration. Une célébration de sa différence, de sa force et de la joie immense qu’il apporte à notre famille, à son frère et ses sœurs et à moi.

L’arrivée de mon fils a été l’épreuve la plus difficile de ma vie, mais aussi mon plus beau projet. Il m’a appris l’amour véritable, un amour inconditionnel, et m’a donné la force de me battre pour lui et pour ma famille.
Bien sûr, il y a parfois la culpabilité d’être une maman qui travaille. Je suis ingénieure, j’exerce un métier exigeant. Mais mon fils reste ma priorité.
Avec le temps, j’ai compris qu’il était possible de concilier les deux : être présente pour son enfant sans renoncer à sa carrière. On apprend à s’adapter, à trouver des solutions, à faire autrement. Je me suis même surprise à débattre de matériel très technique pour améliorer son assise ou son quotidien. Dans ces moments-là, je me dis que mes notions d’ingénierie de maman ne sont pas de trop. Quand on devient parent d’un enfant à besoins spécifiques, on devient aussi force de proposition.

Je sais aujourd’hui que les mots ne sont pas nécessaires pour comprendre comment il se sent, ce qu’il tolère ou non. J’ai appris à parler pour lui, à lui montrer le monde à travers mes yeux, à communiquer autrement.
Et surtout, j’ai appris à recevoir son amour. Je suis profondément fière de lui, de ce qu’il est et de ce qu’il nous apporte. Grâce à lui, j’ai découvert la résilience, la gratitude et la force de l’instant présent.
Il m’a appris qu’on ne peut pas tout contrôler : qu’il faut préparer l’avenir, mais aussi accepter l’incertitude et ne jamais oublier de vivre pleinement le présent. Car le bonheur est peut-être simplement là : dans ces moments partagés, ces petites victoires du quotidien et l’amour immense qui nous unit.