
De sa mère et de sa grand-mère, Meryem Bakouch a reçu la bonté, la foi et l’amour inconditionnel. De la vie, elle a appris la résilience, les limites et la dignité. Aujourd’hui, elle transforme cet héritage pour le transmettre à son tour, avec équilibre et lucidité.
La réussite ne vaut rien si elle se construit au détriment des autres.
Je préfère avancer plus lentement que trahir mes valeurs.
Quel souvenir lié à votre mère symbolise le mieux l’héritage féminin que vous avez reçu ?
Ma mère a toujours été pour moi un symbole de sacrifice et de bonté infinie. C’est l’héritage que j’ai reçu d’elle. Une force profondément positive, même si, à notre époque, elle peut parfois être perçue comme une faiblesse. J’essaie de préserver cette bonté dans un monde qui la fragilise, tout en apprenant à l’offrir aux bonnes personnes.
Existe-t-il un objet transmis par elle que vous associez encore aujourd’hui à votre identité ?
Ce n’est pas de ma mère, mais de ma grand-mère. Je garde toujours un foulard qu’elle m’a offert avant son décès. Je le considère comme un porte-bonheur et le souvenir d’un temps précieux. Il me rappelle sa tendresse, son amour inconditionnel, sa sagesse et son expérience de la vie. J’ai énormément appris d’elle.
Meryem Bakouch
La douceur peut être une puissance
Quelle valeur transmise par votre mère vous accompagne le plus dans votre parcours d’actrice ?
Ne jamais laisser mon ambition faire de moi une personne nuisible. Ne jamais envisager la réussite au détriment des autres, même si cela signifie prendre plus de temps pour y parvenir. Et surtout, ne jamais renoncer à mes valeurs profondes, même si cela peut sembler naïf aux yeux de certains.
À votre tour, qu’aimeriez-vous transmettre comme héritage transformé ?
Je souhaite transmettre à mon fils la bonté de ma mère, sa foi, son amour du bien et son dévouement à aider les autres, même lorsqu’elle-même était dans le besoin. Mais j’aimerais y ajouter ma propre touche : qu’il soit fort, doté d’une grande intelligence émotionnelle, et qu’il ne soit pas accessible à tout le monde.
Pour lui, la bonté devra être un choix conscient. Il ne laissera jamais personne le traiter injustement ni porter atteinte à ses droits. Nous vivons dans un monde exigeant, et je veux qu’il soit à la fois doux et solide.
Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes qui se battent chaque jour ?
Je parle avec le cœur. Je suis une femme et une actrice qui s’est battue longtemps. J’ai traversé des injustices, des trahisons, le divorce, des difficultés financières, la dépression, des problèmes de santé. Mais j’ai aussi connu la reconstruction, les renaissances et les joies inattendues.
Ces épreuves m’ont appris qu’il faut rester une bonne personne sans jamais être faible. La bonté est une force, à condition qu’elle soit consciente et choisie. Il ne faut pas tout montrer ni se rendre accessible à tout le monde. Se préserver, poser des limites, protéger son énergie, ce n’est pas se fermer au monde, c’est se respecter.
À toutes celles qui luttent en silence : ne laissez pas les injustices durcir votre cœur, mais qu’elles renforcent votre discernement. Restez fidèles à vos valeurs, mais apprenez à dire non. Soyez lumineuses, mais solides. Douces, mais fortes.
Pour moi, la transmission est une force invisible qui traverse les générations de femmes de ma famille. Elle vit dans la bonté de ma mère, dans la sagesse de ma grand-mère, dans leurs silences courageux et leur amour inconditionnel.
Mais transmettre, ce n’est pas seulement recevoir. C’est transformer.










