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Fatim-Zahra Ammor
La fidélité aux valeurs

By mars 24, 2026 Actu

Ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor revient sur les valeurs qui ont façonné son parcours : le sens de l’effort, l’indépendance et la liberté de tracer sa propre voie.

Chez Fatim-Zahra Ammor, les convictions ne relèvent pas du discours. Elles prennent racine dans l’éducation qu’elle a reçue.
L’effort et la responsabilité ont toujours été des repères essentiels.

 

Dans la maison où elle grandit avec ses cinq sœurs, ses parents répètent souvent une phrase devenue presque une règle de vie :

«On n’a rien sans rien.»

Derrière ces mots simples se dessine une philosophie très claire : rien n’est considéré comme acquis. Chaque réussite doit être construite, chaque choix assumé.

Très tôt, ces principes prennent forme dans le quotidien. Même l’argent de poche devient un outil d’apprentissage : il dépend des résultats scolaires. Une manière concrète de rappeler que le travail et la persévérance comptent davantage que les intentions.

«On peut avoir des idées, explique-t-elle aujourd’hui, mais ce sont les actes qui font la différence.»

«La carrière d’une femme n’est pas une ligne droite.»

Cette exigence s’accompagne aussi d’un environnement intellectuel très présent. Sa mère, écrivaine, transmet très tôt à ses enfants le goût des livres, de la réflexion et des idées. Dans cette maison où la discussion occupe une place centrale, la curiosité nourrit naturellement le regard sur le monde.

Le parcours de sa mère laisse une empreinte particulière. Si elle commence à écrire très jeune, elle publie pourtant son premier roman à l’âge de soixante-dix ans.

Pour sa fille, cet exemple reste une leçon précieuse : celle de la liberté de s’affirmer à son propre rythme.

«Elle m’a appris qu’il n’y a ni âge ni moment “légitime” pour s’affirmer.»

Fatim-Zahra Ammor aux côtés de sa mère, écrivaine, dont l’influence a profondément marqué son parcours.

Grandir dans une fratrie de six filles renforce aussi cette vision. Dans cette famille, être une femme n’est jamais perçu comme une limite. Les ambitions ne sont pas conditionnées par le genre : chacune est encouragée à construire son indépendance et à suivre sa propre voie.
Parmi les principes transmis par ses parents, l’indépendance occupe une place centrale, notamment l’indépendance financière.

«Très tôt, ils nous ont appris qu’il fallait pouvoir compter sur soi-même.»

Décider par soi-même, assumer ses choix et en accepter les conséquences : ces repères continuent aujourd’hui de guider sa manière de prendre des décisions.

Son parcours professionnel, construit entre marketing international, direction de grands projets et engagement public, en porte la trace. Mais il ne suit pas pour autant une trajectoire parfaitement linéaire.
À plusieurs moments de sa vie, Fatim-Zahra Ammor choisit de ralentir son rythme professionnel pour accorder davantage de place à sa famille.

Il y a une dizaine d’années, alors que sa carrière est solidement engagée, elle quitte son travail pour accompagner son fils dans une étape importante de ses études.

«Ce n’était pas une décision simple. J’avais une carrière installée. J’ai douté. Mais à ce moment-là, c’était juste pour moi et pour ma famille.»
Plus tard, elle suivra également son mari à l’étranger. Là encore, elle ne voit pas ce choix comme un renoncement.

Avec le recul, elle considère que ces moments font pleinement partie d’un parcours.

«La solidité ne vient pas d’un parcours parfait, mais de la capacité à rester fidèle à ses priorités.»

Aujourd’hui encore, malgré ses responsabilités publiques, elle tient à préserver un lien très concret avec les réalités du quotidien.

«Je veille à ne pas me couper de la maison et de la famille. Gérer une maison, organiser un emploi du temps familial… ce sont des réalités très concrètes. Elles permettent de garder les pieds sur terre.»

La solidité d’un parcours ne réside pas dans sa linéarité, mais dans la fidélité que l’on garde à ses valeurs.

Lorsqu’elle évoque les jeunes générations, son message reste fidèle à cette vision du parcours.

«Je dis souvent à ma fille que la carrière d’une femme n’est pas une ligne droite. Elle peut comporter des pauses, des détours, des accélérations.»
Dans son propre chemin, ces moments existent : une année consacrée à accompagner son fils, un départ à l’étranger pour suivre son mari, des choix parfois à contre-courant des logiques de carrière.

Mais elle refuse d’y voir des ruptures.

Au contraire, elle considère que ces détours donnent souvent davantage de sens à la suite.

«On peut s’arrêter, repartir, changer de direction. L’important est de rester fidèle à ses priorités et à ses valeurs.»

Lorsqu’elle parle des jeunes femmes aujourd’hui, Fatim-Zahra Ammor insiste sur une idée essentielle : la confiance en sa propre trajectoire.
«Ce que j’essaie de transmettre, notamment aux jeunes femmes, c’est qu’il faut croire en sa capacité à tracer sa voie. Les chemins ne sont jamais parfaitement balisés, mais avec du travail et des valeurs solides, on finit toujours par trouver sa place.»

«La solidité d’un parcours ne tient pas à sa linéarité, mais à la fidélité que l’on garde à ses valeurs.»

Propos recueillis par la rédaction de Famille Actuelle