Chute diffuse, perte de densité, cheveux qui s’affinent… Les problématiques capillaires concernent aussi bien les femmes que les hommes et nécessitent une prise en charge médicale rigoureuse. Dr Meryem Salehddine, médecin en médecine esthétique et anti-âge et dermatologie interventionnelle, explique comment identifier les causes, intervenir au bon moment et préserver durablement le capital capillaire, sans promettre l’impossible.
«En matière de cheveux, l’objectif n’est pas de faire repousser à tout prix, mais de préserver durablement le capital existant.»
Pourquoi les cheveux tombent-ils ?
En consultation, la chute de cheveux est le plus souvent multifactorielle. La cause la plus fréquente reste l’alopécie androgénétique, liée à une sensibilité génétique aux androgènes, responsable d’une raréfaction progressive et d’une diminution de la densité, chez l’homme comme chez la femme.
L’effluvium télogène est également très courant, notamment chez les femmes. Il s’agit d’une chute diffuse, souvent brutale mais réversible, déclenchée par le stress, la fatigue, le post-partum, une infection, une chirurgie ou un régime restrictif.
Les carences nutritionnelles (fer, zinc, vitamine D, vitamines du groupe B) ont un impact direct sur le cycle pilaire et la qualité du cheveu. Les déséquilibres hormonaux — troubles thyroïdiens, SOPK, arrêt de contraception hormonale ou ménopause — sont aussi fréquemment impliqués.
Certaines pathologies du cuir chevelu, comme la dermatite séborrhéique, le psoriasis ou des alopécies inflammatoires plus rares, doivent également être recherchées. Enfin, les agressions mécaniques et chimiques répétées fragilisent durablement la fibre capillaire.

Chute passagère ou chute installée : quand agir ?
La durée est un critère clé. Une chute passagère dure généralement moins de trois mois. Lorsqu’elle persiste au-delà de trois à six mois, elle doit être considérée comme installée et nécessite une prise en charge.
Le mode de chute oriente également le diagnostic. Une chute diffuse et brutale évoque le plus souvent un effluvium télogène, tandis qu’une chute progressive et localisée avec perte de densité suggère une alopécie chronique.
L’examen clinique et trichoscopique permet d’objectiver la situation : affinement progressif du cheveu, modification de la raie, des golfes temporaux ou du vertex, test de traction positif persistant, hétérogénéité du diamètre des cheveux ou signes de miniaturisation folliculaire.
Plus l’intervention est précoce, plus la préservation du capital capillaire est efficace.
Quelles approches aujourd’hui pour freiner la chute ?
La prise en charge moderne repose sur une approche combinée, progressive et personnalisée. L’optimisation du terrain général est indispensable : correction des carences, gestion du stress et de la fatigue, équilibre hormonal si nécessaire.
Les traitements topiques et médicaux permettent surtout de stabiliser la chute, à condition d’une grande régularité.
En médecine esthétique, la stimulation du cuir chevelu joue un rôle central. La mésothérapie capillaire, le PRP et, selon les indications, les exosomes ou facteurs de croissance améliorent l’environnement folliculaire et soutiennent les follicules existants, sans en créer de nouveaux.
Des technologies complémentaires comme le microneedling ou la LED basse énergie potentialisent les résultats.

Quels résultats peut-on réellement attendre ?
Les traitements permettent dans la majorité des cas de stabiliser la chute et d’améliorer la densité apparente, grâce à l’épaississement des cheveux existants et à la réactivation de follicules encore viables.
La qualité du cheveu s’améliore également : cheveux plus résistants, moins cassants, texture et brillance renforcées.
Sur le cycle de croissance, on observe une prolongation de la phase de croissance et une diminution de la chute excessive. Les résultats sont progressifs, visibles après trois à six mois minimum, et variables selon le terrain et la précocité de la prise en charge.
Penser la prise en charge sur le long terme
La chute de cheveux est souvent chronique ou récidivante. Une stratégie efficace repose sur un diagnostic initial précis, régulièrement réévalué, suivi d’une phase d’attaque puis d’un entretien adapté.
L’approche doit rester personnalisée, en fonction du sexe, de l’âge, du type d’alopécie et de la tolérance du patient. L’éducation et l’implication du patient sont essentielles : compréhension des objectifs, respect de la régularité et correction des mauvaises habitudes capillaires. Un suivi régulier permet d’ajuster les protocoles et d’anticiper les rechutes.










