
Entre tradition et réinterprétation contemporaine, le caftan se révèle ici comme une déclaration d’identité. Broderies précieuses, étoffes lumineuses et silhouettes majestueuses célèbrent la femme dans toute sa puissance et sa grâce. Plus qu’un vêtement, il incarne une transmission, celle d’un héritage culturel qui traverse les générations et s’affirme avec modernité.





Farah Bouhout
L’élégance en héritage

Entre mémoire familiale et exigence artisanale, cette créatrice marocaine inscrit son travail dans une transmission vivante. Le caftan, chez elle, n’est pas un vêtement, mais une émotion façonnée par le temps, la main et l’histoire.
Collection Royale
Photographe : Hamza & Houda – @plussevenagency
Directrice artistique : Farah Bouhout – @farahbouhout.tanouti
Maquillage et Coiffure : Rihab – @glambyrihab
Bijoux : Noura Amnouh – @the.aura.jewelry
Créer aujourd’hui, c’est aussi protéger demain.
Quel souvenir féminin symbolise le mieux l’héritage que vous portez ?
Dans mon enfance, préparer un caftan était un rituel. Le choix du tissu, des couleurs, des broderies… rien n’était laissé au hasard. On ne s’habillait pas simplement pour un événement, on s’y préparait émotionnellement.
Je revois ma mère et mes tantes transformer un moment intime en célébration d’élégance. Cette mise en scène du détail a façonné ma sensibilité. Aujourd’hui, lorsque je crée, je retrouve cette émotion : celle d’un vêtement chargé d’histoire et de mémoire.
Un savoir-faire transmis influence-t-il encore votre haute couture ?
J’ai grandi entourée de femmes qui maîtrisaient la couture. Certaines avaient été formées par des Espagnoles, chacune avec sa spécialité : coupe, broderie, finitions, travail du textile.
J’ai été bercée par le bruit des tissus, la précision des gestes, la patience nécessaire à la création. Cette exigence artisanale ne m’a jamais quittée. Pour moi, la haute couture commence dans la main, dans le temps accordé à la matière et dans le respect absolu du savoir-faire.
Prolongez-vous cet héritage ou le transformez-vous ?
Je ne cherche pas à rompre avec la tradition, mais à la faire vivre autrement.
Mes créations prolongent cette mémoire féminine tout en l’inscrivant dans une expression contemporaine. J’épure les lignes, je laisse respirer les matières, j’affirme une élégance plus instinctive. Chaque caftan devient un dialogue entre tradition et modernité, entre héritage et signature personnelle.
Que souhaitez-vous transmettre aux jeunes créatrices ?
Au-delà de la création, je veux défendre nos métiers d’art. Il me bouleverse de voir certains savoir-faire disparaître alors qu’ils constituent une richesse exceptionnelle.
Le travail des mâalems, la broderie, la couture artisanale sont des patrimoines vivants. Valoriser la main-d’œuvre marocaine n’est pas seulement esthétique, c’est une responsabilité.









