
De sa mère, Sandia Tajdine a reçu une force silencieuse, faite d’endurance et de pudeur. Dans un métier d’exposition et de jugement, elle avance avec cet héritage intact : rester digne, transformer ce qu’elle reçoit, et transmettre à son tour une liberté intérieure affranchie de la peur.
Recevoir un héritage, c’est une chance.
Le transformer avec liberté, c’est une responsabilité.
Quel souvenir symbolise le mieux l’héritage féminin que vous avez reçu ?
Le souvenir qui me revient n’est pas une grande phrase, mais un geste. Ma mère faisait les choses avec dignité, même dans la fatigue. Elle ne se plaignait pas. Elle avançait. Je la revois tôt le matin, dans le silence, préparant la maison avec une force tranquille.
Ce que j’ai reçu d’elle, c’est cette endurance douce. Cette capacité à rester debout sans perdre sa tendresse. Pour moi, l’héritage féminin n’est pas seulement la force. C’est la force avec pudeur.
Sandia Tajdine
Derrière moi, il y a des générations de femmes qui ont tenu bon
Existe-t-il un objet transmis que vous associez à votre identité ?
Il y a des vêtements traditionnels, des bijoux peut-être simples aux yeux des autres, mais chargés d’histoire pour moi. Un caftan, par exemple, n’est pas qu’un habit. C’est une mémoire. La trace des femmes qui l’ont porté avant nous.
Dans mon identité artistique, je ressens cette continuité. Même sur scène ou devant la caméra, je ne suis jamais seule. Derrière moi, il y a des générations de femmes silencieuses qui ont porté, protégé, résisté.
Quel message souhaitez-vous adresser aux femmes qui se battent chaque jour ?
Je voudrais leur dire : vous êtes plus fortes que vous ne le pensez.
Chaque femme qui se lève le matin malgré ses blessures est déjà une victoire. La douceur n’est pas une faiblesse.
Les larmes ne sont pas une défaite.










