
À l’Institut français de Rabat, une toile brodée raconte la ville d’Azemmour comme jamais vue auparavant. Intitulée Fenêtre sur Azemmour – un récit brodé, cette exposition sensible est née d’une initiative de l’association Global Shapers Rabat, dans le cadre du projet artistique Map My City.
«Une ville racontée à travers le fil, la mémoire et le regard des femmes qui la portent.»

Une carte textile née des mains des femmes
À travers les mains expertes de Latifa, Fatima, Bahija et Chaibia, brodeuses locales rencontrées lors du festival Tatrizat, une carte textile prend vie. Stylisée comme une carte postale naïve, elle dessine les souvenirs vibrants d’une ville marocaine millénaire en déclin. Le fleuve Oum Rabii, la médina aux fenêtres bleues, les champs agricoles aujourd’hui désertés apparaissent fil après fil, comme un hommage tissé à l’Azemmour d’hier, nourri de récits intimes et de mémoire collective.

Quand la broderie devient un manifeste
Plus qu’une œuvre d’art, cette broderie est un manifeste. Elle puise dans le terz zemmouri, broderie traditionnelle aux motifs floraux et animaliers, pour donner voix aux femmes et à leur regard sur la ville. À travers le fil et l’aiguille, ce sont des histoires de transmission, d’attachement et de disparition qui se racontent, portées par un savoir-faire ancestral.
Une immersion prolongée par le documentaire
L’exposition se prolonge à travers une vidéo documentaire, Les gardiennes d’Azemmour, qui capte les gestes, les silences et les récits partagés autour de la broderie. Une immersion sensible qui révèle la force du collectif et la place centrale des femmes dans la transmission de la mémoire.










