À Timenkar, l’école se reconstruit avec le territoire

By octobre 20, 2026Actu

À 2 100 mètres d’altitude, dans le village d’Aourir, le lycée collégial de Timenkar a officiellement ouvert ses portes le 7 septembre 2026. Né dans l’urgence après le séisme de 2023, le projet dessiné par l’architecte Salima Naji transforme la reconstruction en une réflexion plus large sur l’éducation, le patrimoine et l’avenir des territoires ruraux.

Garder le meilleur de notre héritage en y apportant ce qu’il faut d’innovation.

Avec ses 984 m², l’établissement réunit cinq classes, une bibliothèque, une salle multimédia, une salle de travaux pratiques et un espace sportif, complétés par une maison destinée aux enseignants. Mais sa singularité se lit surtout dans son architecture. Pierre locale, techniques artisanales et attention portée au confort composent un bâtiment contemporain profondément lié au paysage et aux ressources du Haut Atlas.

Salima Naji, architecte et docteure en anthropologie sociale, a choisi de faire de la reconstruction un acte de transmission. Artisans et aides-artisans ont participé au chantier, perpétuant des gestes hérités tout en les adaptant aux besoins d’un équipement scolaire actuel. «Le point fort de ce projet collectif est qu’il défend une autre idée de la modernité : garder le meilleur de notre héritage en y apportant ce qu’il faut d’innovation», souligne l’architecte.

Le projet repose sur une mobilisation collective réunissant acteurs publics, associations et mécènes. Mécénat Servier a notamment apporté un financement de 500 000 euros, tandis que L’Heure Joyeuse a assuré la coordination des partenaires et le suivi du financement.

L’inauguration, ponctuée de témoignages, d’une visite menée par Salima Naji, d’une plantation d’arbres et d’une cérémonie du thé offerte par les habitants, a donné à cette rentrée une portée particulière. À Timenkar, reconstruire une école revient aussi à reconstruire autour d’elle un avenir collectif.

Une école pour treize villages
Le collège accueille cette année 346 élèves, dont 54 % de filles, et dessert un bassin de treize villages. Au-delà de l’accès à l’éducation, il constitue ainsi un nouvel équipement structurant pour le plateau de Timenkar, avec l’ambition de favoriser la scolarisation et le maintien des familles sur le territoire.