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«What Remains» transforme les vestiges de Casablanca en mémoire vivante
Finaliste du Prix du design 2026 de l’Institut du monde arabe, le projet «What Remains» propose une nouvelle manière de penser le patrimoine urbain. En réemployant les gravats issus des démolitions, les architectes de 99+ X Architects imaginent des espaces publics où les matériaux deviennent les témoins de l’histoire des quartiers et de leurs habitants.
Une ville ne se construit pas seulement avec ce que l’on bâtit, mais aussi avec ce que l’on choisit de préserver.
À Casablanca, chaque démolition emporte avec elle bien plus que des murs. Elle efface des souvenirs, des habitudes et des fragments de vie. C’est de ce constat qu’est né «What Remains : Atlas of a Disappearing Casablanca», imaginé par les architectes Alaa Halifi et El Yazid Boudraa, fondateurs de 99+ X Architects. Finaliste du Prix du design 2026 de l’Institut du monde arabe, le projet s’appuie sur plusieurs mois d’enquête dans les quartiers en mutation pour collecter béton, carreaux, pierres ou éléments décoratifs, autant de vestiges considérés comme de véritables archives urbaines.
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Loin de vouloir figer ces fragments dans un musée, les architectes proposent de les réintroduire dans la ville sous forme de bancs, pavages, abribus ou mobilier urbain. Chaque pièce conserve la mémoire de son quartier d’origine, créant ainsi un lien tangible entre passé et présent. Une première installation expérimentale a déjà été réalisée dans l’ancienne médina, tandis qu’un projet d’envergure est envisagé sur la place des Nations Unies.
Au-delà du réemploi des matériaux, «What Remains» défend une approche profondément humaine. Les habitants participent à la collecte, partagent leurs souvenirs et enrichissent chaque fragment d’une histoire. Plus qu’un projet de design, cette démarche esquisse une méthode reproductible, capable d’accompagner d’autres villes confrontées à la disparition de leur patrimoine bâti. Une manière de rappeler que la mémoire d’une ville se transmet autant par ses bâtiments que par les vies qui les ont habités.
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Du chantier à l’espace public
Le projet imagine plusieurs usages pour les matériaux récupérés dans les quartiers en démolition : bancs, pavages, abribus, murs ou petits équipements collectifs. Chaque fragment resterait identifié selon son origine, afin de conserver la mémoire du quartier et, lorsque cela est possible, celle de ses anciens habitants. Après un premier prototype réalisé dans l’ancienne médina, les architectes envisagent une installation de plus grande ampleur sur la place des Nations Unies en décembre 2026.
«Ici, les gravats ne sont plus des déchets : ils deviennent les archives visibles d’une ville en transformation.»







