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Du cinéma à la chapellerie, puis du chapeau au bijou, Youssef Lahlou construit un univers où chaque création raconte une histoire. Entre New York et Los Angeles, il revendique un luxe de l’intention, du savoir-faire et de l’émotion. Aujourd’hui, il ouvre un nouveau chapitre avec une première collection de bijoux pensée comme le prolongement naturel de son langage créatif.
«Le chapeau est devenu un langage. Aujourd’hui, le bijou en est la continuité.»

Comment êtes-vous entré dans l’univers du chapeau ?
Je n’ai pas grandi dans cet univers. Je ne portais même pas de chapeau. Après avoir fini mes études mes études de cinéma à New York, j’ai effectué, presque par hasard, un court stage chez un chapelier français à Brooklyn. C’était ma première vraie rencontre avec le métier, le fait main, la précision. Et j’ai compris quelque chose d’essentiel : on ne «trouve» pas toujours sa passion, parfois on la fabrique. Mes exigences se sont construites comme ça : en faisant, en ratant, en corrigeant, en progressant. Le standard vient du travail, pas du discours.

Y a-t-il eu un tournant dans votre parcours créatif ?
Oui, même s’il n’est pas très glamour ! Un jour, tandis que je mangeais un hamburger (sauce au coin de la bouche), j’ai vu entrer une femme portant un chapeau… Je me suis immédiatement dit : «Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Je peux faire mieux.». Et j’en ai fabriqué un, juste pour moi. Je suis alors tombé amoureux du geste, de la matière, de la forme, de la transformation. Le chapeau est entré dans ma vie par une impulsion, et c’est devenu un langage.

Le sur-mesure, votre véritable signature ?
Le chapeau fait main demande du temps, une rigueur, une connaissance qui se perd avec la production de masse. J’ai eu des collections, du stock, une logique «marque» classique. Mais le made-to-order est plus juste pour moi : il me permet de rester intentionnel, et de garder chaque pièce personnelle.
La plupart des modèles viennent de mes collections et sont réalisés à la demande. Le vrai full custom est rare. Il s’agit plutôt de commandes très spécifiques, parfois venant de célébrités. Mais même quand il s’agit d’un modèle existant, le fait qu’il soit fait pour quelqu’un change tout : ça tombe mieux, et ça raconte mieux.

Qu’est-ce que New York vous a appris que le Maroc ne pouvait pas vous apprendre… et inversement ?
J’ai quitté Casablanca pour New York. C’est la ville du possible. Elle est dure, rapide, électrique : marcher dans la rue suffit à nourrir l’inspiration. Mais cette intensité a un prix : quand on est seul derrière sa marque, l’équilibre peut vite se casser : j’y ai connu des burn-outs. Los Angeles, quand j’y suis, m’offre l’inverse : un rythme plus doux, plus respirable. De l’espace pour rencontrer des clients, ralentir, me réaligner… puis repartir dans la vitesse new-yorkaise.
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Vous lancez aujourd’hui un bijou, quel lien y a-t-il avec les chapeaux ?
C’est une transition très naturelle. J’ai déjà intégré des éléments de bijou à certains chapeaux, donc j’ai appris ce vocabulaire en chemin. Et j’ai toujours aimé le bijou comme forme d’expression autonome : plus intime, plus proche du corps. Mais ce qui, pour moi, relie les deux, c’est le sens. Je démarre avec une petite collection articulée autour de l’idée d’espoir : cette conviction que même quand tout paraît figé, quelque chose peut basculer. C’est l’histoire que je veux faire porter par ces pièces.
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