
La Maison Culturelle du Tapis vient d’ouvrir ses portes à Marrakech, dans un riad restauré selon les règles de l’architecture traditionnelle. Ce centre culturel inédit présente le tapis comme une œuvre vivante, porteuse de mémoire, de gestes, et d’histoires tissées par des générations de femmes.
«Chaque tapis est une mémoire tissée, un fragment de vie que les femmes ont laissé glisser entre leurs doigts.»

Le parcours muséal, d’environ 45 minutes, plonge les visiteurs dans une traversée des régions marocaines : du Haut-Atlas au Haouz, en passant par Rabat ou le Moyen-Atlas. Chaque salle révèle les spécificités locales des motifs, des matières et des techniques. Les tapis exposés, issus d’une collection privée patiemment réunie pendant cinquante ans, datent pour certains du XIXe siècle. Soie, laine, poils de chèvre ou fils d’argent témoignent de la richesse de cet art.

Une mémoire préservée et partagée
Mais la Maison va plus loin. Des documents rares — livres anciens, outils de tisserandes, et même un documentaire des années 1940 — replacent le tissage dans son contexte social et historique. Les lithographies de Jean Besancenot, auteur du célèbre Costumes du Maroc, enrichissent cette immersion.
À l’origine du projet, Nasser Ksikes, héritier d’une famille de collectionneurs, souhaite préserver cette tradition en voie de disparition et rendre hommage aux artisanes. «Le tapis est un livre ouvert où les mains des femmes ont écrit l’âme d’un pays», rappelle-t-il, citant un proverbe berbère.
Des ateliers de tissage, une boutique d’objets d’artisanat et une terrasse offrant vue sur la médina complètent l’expérience. Plus qu’un musée, ce lieu vivant relie transmission, création et mémoire.Sa volonté est claire : honorer les tisseuses et révéler les récits que leurs tapis portent en silence.
Il aime citer ce proverbe berbère, qui résume parfaitement la philosophie du lieu : le tapis est un livre ouvert où les mains des femmes ont écrit l’âme d’un pays.










