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La scolarité des enfants tient aujourd’hui du parcours du combattant. Otages de l’angoisse de leurs parents, prisonniers de leurs injonctions de réussite, ils portent dès leur plus jeune âge un fardeau qui risque d’influer sur leur avenir.

 

Certains enfants ne vont pas verbaliser leur stress mais l’exprimeront leur spar des manifestations physiques (mal de ventre / psoriasis, eczéma. Parents et enseignants doivent être attentifs à ces signaux.

 

Avec Wafae HAJJANI, coach et psychothérapeute humaniste, experte en burn-out et risques psychosociaux

Ecoliers stressés. À qui la faute ? Aux parents, trop soucieux de la réussite de leurs enfants ? Aux enseignants pratiquant plus volontiers la sanction que l’encouragement ?
Il faut distinguer le bon stress qui permet d’avancer de se surpasser dans le plaisir et l’accomplissement du mauvais stress qui est toxique et contreproductif au delà de chercher la faute il faut surtout chercher ce qui se joue pour l’enfant (peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur ) et pour les parents (peur de l’échec, que leur enfant rate sa vie….) et pour l’enseignant qui commence à avoir une obligation de résultat alors qu’en principe c’est une obligation de moyen.
Donc la réponse à cette question est multidimensionnelle et se règle aussi en se recentrant sur les besoins de l’enfant et comme les adultes (parents et enseignants) peuvent l’accompagner avec bienveillance, fermeté et confiance à dépasser ses peurs, ses difficultés et ses blocages . Les parents et les enseignants doivent porter sur l’enfant un regard pygmalion.

Quelles sont les tranches d’âges les plus touchées par ce stress ? Les plus jeunes sont-ils aussi concernés?
Plus l’enjeu est grand plus le stress peut être important.
Donc il y’a la phase d’apprentissage de la lecture, les classes de passage (du primaire au collège) et les classes impliquant une orientation (Sciences ) et bien sûr le baccalauréat.

Quelle est l’incidence du stress vécu à l’école sur l’apprentissage et de façon plus générale la réussite scolaire?
Le mauvais stress est contreproductif. L’enfant pense qu’il ne peut pas y arriver perd confiance en ses capacités et donc ses résultats en sont négativement impactés. Pire encore l’enfant doute de lui même au point de ne plus oser rêver et désirer atteindre des objectifs qu’il jugera forcément hors d’atteinte. Son ambition est altérée.
D’où l’importance d’une bonne écoute de l’entourage de ce que peut ressentir l’enfant.
Par ailleurs certains enfants ne vont pas verbaliser leur stress mais l’exprimeront leur spar des manifestations physiques (mal de ventre / psoriasis, eczéma.
Parents et enseignants doivent être attentifs à ces signaux.
Quelles mesures peuvent adopter les enfants pour vivre de façon plus sereine leur scolarité ? Parler avec leur parents ou des professionnels , exprimer leurs angoisses , pratiquer là-dessus exercices de respiration méditation ou Pratiquer une activité pour le plaisir et sans être dans la performance ( sport, art , chant) et continuer à être des enfants tout simplement ( jouer, rire …)

Quels conseils donneriez-vous aux enseignants (et aux parents) pour motiver les écoliers sans les stresser?
Croire en eux et en leur capacités, donner le droit à l’échec car c’est ce qui permet l’apprentissage et surtout mettre du plaisir et de la joie dans les enseignements.
C’est le meilleur ingrédient pour leur donner goût à l’école.

 

Le guide antistress des devoirs
Faut-il être présent ?
Oui, parce que l’adulte est le garant de l’organisation. Il faut des années à un enfant pour être en mesure de gérer son emploi du temps. Seul face à ses cahiers, il risque de s’attarder sur un exercice, de manquer de concentration pour les autres… De plus, il a besoin que son travail soit validé par un regard d’adulte. Etudiant, grand frère, voisin…, l’essentiel est qu’il s’agisse d’une personne en laquelle l’enfant ait confiance et dont il sait qu’elle est là pour le soutenir et aussi le féliciter.
Comment intervenir sans entraver son autonomie ?
En étant à ses côtés, le risque est de le laisser penser que l’on est à sa disposition. Il doit comprendre, en l’expérimentant, que vous n’êtes pas là pour faire à sa place. Regardez ensemble la liste des exercices demandés, aidez-le à se lancer en établissant un emploi du temps de travail, puis vaquez à vos activités, en lui précisant toutefois que vous êtes là s’il a besoin d’aide. Enfin, vérifiez avec lui le travail effectué… Vous devez garder à l’esprit qu’il s’agit d’un accompagnement vers une prise d’autonomie de l’enfant.
La principale clé ?
N’apportez pas les réponses aux problèmes, mais apprenez à votre enfant à se poser les bonnes questions pour avancer dans son raisonnement et pour y répondre seul : «Qu’est-ce que tu dois faire pour diviser ce nombre par deux ? Tu veux conjuguer ce verbe : sais-tu à quel groupe il appartient ?, etc. » A court terme, cette démarche lui offre la satisfaction de voir qu’il possède en lui les moyens de résoudre tous les problèmes.