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Face aux tensions liées au confinement certaines personnes commencent à s’initier à la méditation pour s’apaiser. Nous avons contacté Fettoum El houari (FtomYoga) professeur de Yoga afin de nous éclaircir sur ce sujet. Toutes ses réponses pour tirer le meilleur bénéfice de cette pratique.

Qu’apporte une pratique méditative régulière aux méditants ?

La méditation est un moment que l’on prend pour soi, durant lequel on va pouvoir prendre davantage conscience de notre présence dans notre corps. Par le fait de « fermer le regard vers l’extérieur pour le tourner vers l’intérieur » on va mieux ressentir nos pieds, nos jambes, notre ventre et ainsi de suite jusqu’à faire un check corporel complet. Il faut savoir qu’à chacun sa méditation, par exemple certains vont la faire en silence, d’autres avec un fond de musique. L’essentiel est de maintenir une cadence régulière, chose pas toujours facile au vu du rythme de vie contemporain. Par la régularité de la pratique, on va instaurer un rendez-vous quotidien ou hebdomadaire, tel que notre corps et notre mental le réclameront. Par ce processus, on va bénéficier de profits psychiques mais aussi physiques. Sur le plan psychique on va vite observer une moindre tendance à l’énervement ainsi qu’une faculté accrue à communiquer avec soi-même avant d’agir, pour favoriser une prise de recul face aux situations désagréables pouvant apparaître au quotidien. Sur le plan physique c’est d’abord aux niveaux du ventre et de la tête que les changements opèrent. Une digestion meilleure due à la respiration mieux contrôler lors de la médiation donc moins de ballonnements parce que plus de douceur apportée à son système digestif. Une régression des maux de tête, résultante d’une meilleure ventilation du cerveau, toujours grâce à la respiration plus calme provoquée par la méditation.

La méditation, méthode anti-déprime. Vrai ou faux ? Et pourquoi ?

Je ne suis pas médecin, mais il me semble qu’un coup de déprime peut être enclenché par un sentiment de tristesse, de vide autour de soi, par la prise ou la perte de poids ou encore les troubles du sommeil. Par la pratique de la méditation, personnel- lement je dirai que tant que l’on n’est pas à un degré élevé, méditer peut être un anti-déprime; à condition de le faire correctement. Pour répondre à cette question je vais vous partager mon histoire personnelle.
Il y a quelques années, j’étais en pleine ascension professionnelle, j’étais mariée et tout allait bien dans le meilleurs des mondes. Un soir suite à une nième dispute avec mon conjoint il m’avoua qu’il ne souhaitait plus continuer – pour des raisons que je garderais sécrètes – j’allais donc divorcer et perdre l’un des fondamentaux de mon château de cartes…

Une fois le divorce prononcé, un ami m’a recommander de pratiquer la médiation avec un mentor qui serait présent pour guider mes pensées et veiller à ce que je fasse le bon travail psychologique de « nettoyage ». Curieuse je me suis laissée portée par ce mouvement et j’ai rejoint un groupe de personnes qui se retrouvaient régulièrement en semaine pour méditer ensemble, en suivant les consignes du « médiateur ».

Suite à quelques mois, j’étais apte à concevoir que je pouvais amplement être heureuse sans mon ex-mari. Puis est venu le moment où je me suis sentie encore plus femme qu’avant, parce que j’avais tout simplement conscience de ma personne en tant qu’entité vivante dans un tout global tellement fort, beau et puissant; que l’on ne peut que s’alimenter de cette force, cette beauté et cette puissance pour pouvoir rayonner à notre tour. Oui la méditation peut aider à sortir d’une déprime, mais ne pas méditer seul et bien choisir son médiateur.

Alors que nous sommes confinés et dans l’impossibilité de suivre un vrai cours, peut-on s’initier à distance ?

Le confinement n’est pas un frein à la méditation bien au contraire le fait « d’avoir du temps » est un cadeau à utiliser à bon escient. Je vous accorde que la médiation avec présence physique du groupe ou seulement du médiateur a un impact particulier, ne serait-ce que de part les ondes partagées entre les per- sonnes présentes. Cela dit, on peut tout à fait débuter sa pratique durant ce confinement pour la développer plus tard, post covid-19.

Pour cela il existe une multitude de séances de méditation proposées sur les réseaux sociaux, ainsi que dans des ouvrages dédiés à la discipline. Personnellement je trouve que la meilleure pratique pour un rendez-vous régulier est celle du silence, je vous en dit plus dans la prochaine question 🙂

Comment nos lecteurs peuvent-ils s’initier à la méditation depuis leur salon ?

Il est important de bien choisir son espace de méditation. Ce dernier sera à conserver dans l’état autant que possible, on n’y boira ni n’y mangera point. Une installation des plus simple et confortable est recommandée de sorte à ce que vous puissiez rester immobiles durant toute la pratique, dans le confort. Une fois l’espace choisit, reste à déterminer l’heure de méditation; est-ce qu’on est plus du matin ? est-ce qu’on est plus du soir ? Dans les deux cas on privilégiera un horaire où la maison est au plus calme pour ne pas être dérangé mais aussi profiter du calme environnant le plus complet. Une fois votre place et votre timing fixés, vous n’avez plus qu’à faire une toilette complète, passer une tenue vestimentaire confortable et vous installer dans votre espace/temps. Voici donc a pratique que je recommande pour une méditation régulière :

Les yeux fermés, les mains reposant sur les jambes, le corps totalement relâché et la tête naturellement portée par le coup, on prend 10 respirations profondes en tentant d’inspirer en 4 secondes et d’expirer en 8 secondes au maximum.

Au fur et à mesure de cette respiration le corps va se détendre par lui-même pour vous permettre d’amener votre focus davantage sur votre mental.

Là vous pouvez entamer de répondre à des questions simples comme : Quel est mon état actuel ? Quelle est mon émotion la plus ressentie ? Quelle est ma plus grande préoccupation à cet instant ? Suite à ces trois questions, vous identifierez le sujet de votre méditation du jour et vous aurez deux directions au choix :

1- votre réponse est positive, alors vous allez savourer ce sentiment pour en nourrir tout votre être.
2- votre réponse est négative, alors vous allez décider de vous défaire de cet état encore une fois grâce à votre mental. Important à noter qu’une sincérité sans faille est ici nécessaire.

Peut-on adapter notre pratique méditative à un thème ou à une situation ?

Totalement ! Comme expliqué dans la précédente réponse, une fois le sujet de la méditation à un temps «T» trouvé, ne reste plus qu’à enclencher le processus. Dans le cas où l’on médite dans un objectif à terme et non immédiat, il peut être intéressant de tenir un journal de bord dans lequel on peut indiquer : objectif, état jour 1, état suite à méditation jour 1 et ainsi de suite. Il est toujours intéressant d’avoir une preuve de son évolution, et peut-être encore plus en ces temps de confinement où l’on est amené à encore plus d’autonomie.

Une pratique spéciale est à conseiller pendant le Ramadan ?

Ramadan est en soi déjà un moment de repli et d’abstinence de plaisir tels que le fait de manger, fumer ou boire à n’importe quelle heure et ce n’est pas des moindres.

Durant 335 jours par an notre corps a droit à trois repas, des gourmandises par ci par là, et notre mental est serein de pouvoir mener un aliment, une cigarette ou une boisson à la bouche à tout moment.

Durant le mois de Ramadan, tout change ! Vous imaginez le choc de ce corps et de ce mental qui eux n’ont pas de cerveau ! 🙂 Plus sérieusement votre mémoire corporelle va systématiquement réclamer sa dose de sucre, sel et autre durant la journée, tandis que votre mental va lui répondre «Oui je sais, mais non pas maintenant».

Le fait est que chaque année, c’est un rendez-vous pour rééduquer notre corps par la force de notre mental. Pour ce faire le mental doit être fort, pouvoir aider votre corps à passer outre ces envies et vous éviter des états d’être désagréables.

Pour Ramadan je recommanderais une pratique le matin au réveil, pour émettre une jolie intention pour la journée et privilégier un peu d’exercice physique en fin de journée, car cela finalisera le nettoyage du système digestif, réchauffera vos tissus internes pour pouvoir savourer tranquillement votre ftour et le digérer au mieux.

Par la régularité de la pratique, on va instaurer un rendez-vous quotidien ou hebdomadaire, tel que notre corps et notre mental le réclameront. Par ce processus, on va bénéficier de profits psychiques mais aussi physiques.


ET LES ENFANTS ?

Les enfants ont une aptitude à méditer dès le plus jeune âge. Ayant moi-même donné des cours de yoga dans une école, allant de la maternelle au CM2, j’ai été épatée par la capacité des tous petits à méditer. Bien évidemment plus ils sont jeunes, moins les enfants peuvent méditer longtemps (environ 10 min en moyenne) sachant que leur jeu préféré était d’écouter le silence. Sérieusement ! Certains me disaient entendre des sons, sentir leur oreilles se détendre puis leur mental et puis tout leur corps.

D’autres me disaient pouvoir discuter plus tranquillement avec eux-même et que c’était bon parce qu’avec toutes les activités de la journée, ils avaient besoin de ce moment avec soi. Je pense que les enfants sont les personnes les plus aptes à comprendre totalement et sans difficulté aucune ce qu’est « être avec soi-même ». Pour répondre à la question, je recommanderai aux mamans/parents qui souhaitent méditer avec leurs enfants de faire de courtes sessions et de les orienter vers des thèmes; ça peut être un moment fort de la journée, une intention pour la journée, un sentiment qui vous unit. Personnellement je trouve magique de méditer avec mon neveu les mains dans les mains, assis en face à face, il se passe quelque chose que je ne saurai expliqué, comme une recharge mutuelle et c’est plein d’amour. Fort recommandé ! Autant pour les petits que pour les grands !

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