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Juriste de formation et psychothérapeute, Thomas d’Ansembourg est formateur certifié en Communication NonViolente depuis 1994. Il est connu de grand public pour plusieurs best-sellers dont «Cessez d’être gentil, soyez vrai!» ou «Du Je au Nous – L’intériorité citoyenne : le meilleur de soi au service de tous». De passage à Casablanca où il joue la pièce «L’amour dans tous ses états», les 10 et 11 février, il nous explique tous les bénéfices pour nous mais aussi pour la société de la Communication Non Violente.

Texte Michèle Desmottes · Photos DR

 

 

Pouvez-vous nous expliquer brièvement la base de la Communication NonViolente© (CNV)?
La violence la plus répandue n’est pas explosive et physique mais subtile et psychique : langage non verbal, posture menaçante, pression sociale, manipulation émotionnelle… Nous pouvons tous être violents si nos besoins d’être écoutés, compris, reconnus, nos besoins d’appartenance, de sens, d’aide ou d’amour ne sont pas nourris. Pour éviter la violence, nous avons donc besoin d’apprendre à bien nous connaître, à bien comprendre nos propres besoins en sorte de pouvoir les exprimer par des demandes formulées de façon à ce qu’elles soient bien comprises. Nous avons aussi besoin d’apprendre à bien écouter l’autre, pas seulement dans ce qu’il dit mais dans ce qu’il vit, ce qui demande de développer notre capacité d’empathie active.

Comment expliquez-vous qu’on ait si difficile à communiquer avec soi?
Nous n’avons pas plus appris à communiquer avec nous-mêmes qu’avec les autres! À l’école nous apprenons à lire, écrire et calculer, mais pas à comprendre le fonctionnement et les enjeux de la relation avec soi, avec les autres, avec la vie. Nous apprenons cela sur le tas et souvent sur le tard! Nous ferions l’économie de bien des frictions, tensions et conflits, mais aussi moments de désarroi, passage à vide et perte de sens si nous apprenions dès l’enfance à bien comprendre nos sentiments et nos besoins. La CNV permet d’accéder à une plus grande qualité d’être et d’être ensemble.

Au cœur de tous vos livres, vous évoquez le bénéfice pour soi mais aussi pour la société d’être vrai.
Nous rêvons d’écoute, d’empathie, de bienveillance et de respect profond. Ces qualités ne vont pas se développer par hasard si nous n’avons pas appris à les vivre d’abord au contact de cette première part d’humanité dont nous avons la charge : nous-même. J’accompagne les personnes depuis plus de 25 ans et j’ai constaté ceci : plus nous entrons en nous-même, plus nous nous ouvrons aux autres, plus je comprends l’humain en moi, plus je comprends l’humain en l’autre. L’intériorité citoyenne est cette capacité que nous avons de développer à l’intérieur de nous-même un espace de recul et d’inspiration afin, non seulement de mieux comprendre l’humain, mais aussi de nous ancrer davantage dans la vraie personne que nous sommes en lâchant petit à petit le personnage construit par l’éducation et les habitudes sociales. Un citoyen pacifié est un citoyen pacifiant : connaissance et pacific-action de soi sont des enjeux de santé publique.