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Période d’intenses chamboulements physiques et psychiques, la grossesse peut avoir dans la sphère intime du couple une incidence considérable. Vécue très différemment par chacun des partenaires, la grossesse peut être synonyme d’une réticence aux rapprochements ou au contraire d’un attrait sexuel certain.

Texte Mélanie Wilms · Photos DR

 

«Le passage du statut d’amante et d’amoureuse à celui de mère est un changement symbolique conséquent pour les hommes.»

 

 

A l’annonce de l’heureux événement, l’euphorie peut rapidement céder la place à différentes angoisses quant au futur voire même réveiller des conflits non résolus avec sa propre parentalité. Les semaines avançant, les changements de silhouette de la femme, de même que les signes somatiques de la grossesse (nausée, vomissement, hypersomnie) peuvent aussi représenter chez elle comme chez son partenaire quelques obstacles à la poursuite de leur vie sexuelle.

Un lien à préserver
Le maintien de la complicité et du désir sont très importants tout au long de la grossesse. La femme enceinte ayant besoin de sécurité émotionnelle, le renvoi du désir de son partenaire est primordial. Il n’y a toutefois pas de règles, le couple demeurant un processus vivant, l’activité sexuelle durant la grossesse dépend aussi largement de l’entente sexuelle et de la complicité des partenaires avant cette période. Dans notre société, les tabous demeurant très présents, le plaisir féminin est encore trop souvent vécu avec culpabilité consciente et inconsciente, à plus forte raison au cours de la grossesse. L’éducation sexuelle assure aux femmes comme aux hommes de pouvoir évoluer dans une sexualité épanouie dans le respect du partenaire et dans celui de ses désirs, ses fantasmes et son plaisir. Au cours de la grossesse, s’il n’y a pas de sexualité spécifique à proprement parler, quelques aménagements peuvent être à prévoir et les fantasmes peuvent dès lors foisonner entre des partenaires complices.

Un désir potentiellement altérable
Souvent peu propice à une vie sexuelle épanouie, le premier trimestre, en plus de ses nombreux signes somatiques de grossesse, peut être parfois synonyme d’une baisse de désir. Toutefois ce constat n’est pas unanime, certaines femmes ne verront en rien leur désir altéré. Au contraire, une augmentation de désir peut parfois être observée voire même une hypersexualité. Cela peut notamment s’expliquer par l’augmentation au cours de la grossesse des œstrogènes qui ont un grand impact sur le désir. D’ailleurs, au cours du deuxième trimestre, période d’épanouissement de la grossesse, une femme sur deux connaît une augmentation de sa libido. Elle est communément appelée «la seconde lune de miel». Le troisième trimestre est quant à lui une période plus complexe pour les rapports sexuels (formes, mauvaises circulations, maux de dos); une baisse de désir est souvent observée. Outre la libido, notons que contrairement aux idées reçues, il y a peu de contre-indications aux rapports sexuels au cours de la grossesse. Lors de ses consultations, le gynécologue prendra soin de prévenir les patientes devant raisonnablement s’abstenir pour poursuivre leur grossesse en toute quiétude.

 

A découvrir ensemble!
Le sexothérapeute Alain Héril propose un ouvrage encourageant la future mère à laisser exister la femme qui est en elle. Il tente aussi d’aider le futur père à avancer sur cette route initiatique qui fera de lui un père, et avant tout un homme.