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2020 : cet alignement de chiffres évoque à lui seul l’harmonie et l’équilibre. Une invitation à mettre en place toutes les conditions d’une atmosphère bienveillante au sein de la famille, notamment via une communication constructive. Et pour cela, on se tourne vers Aïmane El Bakkali Kassimi, psychothérapeute.

Texte Michèle Desmottes · Photos DR

 

 

L’écoute empathique est contagieuse. Quand on instaure ce type d’écoute, l’enfant commence à se l’approprier. Il y voit de l’intérêt, il commence lui-même à devenir écoutant empathique.

 

Pour bien démarrer…
Il faut garder en tête que la communication entre parents et enfants n’est pas une évidence. Chacun part de son champ de référence; chacun est convaincu de la pertinence de ce qu’il dit, en pensant que l’autre est capable d’appréhender sa vision des choses. Il y a là un conflit de besoin originel. Le parent éduque, l’enfant cherche à vivre selon ses désirs qui sont en contradiction totale avec le besoin du parent de transmettre et de socialiser. Et parce que ce sont les parents qui cherchent à obtenir quelque chose de l’enfant, à charge pour eux d’instaurer les conditions d’une communication saine!

Ecouter les besoins de chacun
Une communication bienveillante nécessite une écoute du besoin de l’autre mais aussi de son propre besoin. Si un adulte est uniquement dans l’écoute de l’autre, il le fera jusqu’à exploser et, éventuellement instaurer un climat de violence, simplement parce qu’il n’en peut plus! Une communication saine prend en considération la différence des points de vue et les besoins des uns et des autres. C’est une négociation permanente, un travail d’équilibriste.

Ritualiser le dialogue
Instaurer des réunions familiales hebdomadaires peut être un excellent apprentissage de l’écoute. Il ne s’agit pas d’y régler ses comptes ou de juger mais de revenir sur les moments importants de la semaine, sur ce que l’on a particulièrement aimé chez l’autre… Mais ici encore, il faut écouter ses besoins. Si une situation est explosive, on demande alors un «time out», et on reprend la discussion plus tard, avec plus de sérénité.

Etre patient
Il ne faut pas s’attendre à ce que toute règle édictée soit respectée du premier coup, au contraire. Pour que l’enfant se l’approprie vraiment, il doit en comprendre le sens et cela passe souvent par… la transgresser pour en subir les conséquences. C’est humain. Au contraire, s’il s’exécute tout de suite même s’il n’est pas convaincu de son bien-fondé, c’est qu’il le fait par contrainte et par peur, avec le risque, une fois ado, lorsque la peur aura disparu, qu’il ne la respecte plus.

Sanction vs punition
Une punition, qui est basée uniquement sur la peur, n’est efficace qu’à court terme. Au contraire la sanction, idéalement énoncée en même temps que la règle, vise à instaurer une privation/une frustration qui incitera l’enfant à intérioriser le bon comportement. On exige qu’il répare si c’est possible (s’excuser après une injure; nettoyer ce qu’il a sali), ou qu’il s’isole dans un coin quelques minutes avant de venir nous parler de ce qu’il a fait.