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La dernière enquête en date sur la prévalence des violences conjugales envers les femmes remonte à 2011. Une enquête du HCP qui a alors révélé que près de 3,7 millions de femmes étaient victimes de leur conjoint.

Texte Sanaa eddaif

 

30% des femmes dans le monde sont violentées par leurs maris quel que soit leur originie ou niveau d’éducation.

 

Loin de tout préjugé, la violence conjugale n’est pas un phénomène marginal ou existant seulement au sein de certaines couches sociales. Les statistiques mondiales sont claires : une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son mari et ce, dans les quatre coins du monde. Que l’on soit occidental, oriental, riche, pauvre, éduqué ou non, la violence au sein du foyer peut rapidement devenir notre enfer.

Qu’en est-il au Maroc où, en 2011, on recensait 3,7 millions de victimes de leurs maris ? Maître Fatima Zohra Boukaissi, avocate au barreau de Rabat répond à nos questions.

Quels sont les recours pour une femme victime de violences conjugales?
Il existe des numéros spéciaux qui permettent aux femmes victimes de violences conjugales d’être accompagnées au sein de plusieurs centre d’écoutes. Le plus ancien est le centre Nejma, créé en 1997.
Malheureusement, avoir recours aux tribunaux est une solution encore équivoque malgré la présence de cellules d’assistance sociale au sein de plusieurs sections concernant la famille dans les tribunaux de première instance.

Les femmes ont-elles tendance à porter plainte quand elles sont victimes de violence ?
La proportion de femmes qui portent plainte contre leurs époux est majoritaire depuis que le nouveau code de la famille a été promulgué, c’est-à-dire depuis le 3 février 2004. C’est une date qui a changé beaucoup de choses.

Que risque un homme accusé de violences envers sa femme ?
Cela dépend de la gravité de la violence. Certains tribunaux exigent même des peines de mort ou d’emprisonnement à perpétuité si la violence entraîne un décès. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il peut arriver que pour des cas aussi graves, les peines soient très légères.

Croit-on la femme sur parole, ou faut-il des témoins, des blessures visibles?
Non malheureusement, on ne croit pas encore sur parole la victime même si les blessures sont visibles. Le juge demande toujours des témoins ou autres moyens de preuves comme les enregistrements par vidéo ou autres. D’ailleurs, l’article 401 du code pénal impose la présentation d’un certificat médical de plus de 20 jours.

La souffrance psychique entre-t-elle en compte ?
La souffrance psychique n’entre pas encore en compte au Maroc en tant que violence conjugale même si la société civile le réclame depuis des années. Cependant, nous avocats, nous l’évoquons tout de même dans les conclusions que nous présentons devant les tribunaux.

Le centre Nejma
Créé en 1997 par l’Association démocratique des femmes du Maroc, le centre Nejma lutte contre toutes les formes de violence basées sur le genre.
Son objectif est de fournir un soutien juridique et un suivi personnalisé aux femmes victimes de violences.
Deux juristes sont à l’écoute de ces femmes. Malheureusement, il n’existe plus de numéro gratuit pour dénoncer les violences subies.
Pour contacter le centre Nejma : 05 37 72 16 56, nejmacentre@gmail.com