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On a l’impression que des termes comme «interdits» ou «disciplines» sont devenus des gros mots. Pourtant, on ne répétera jamais assez à quel point l’enfant a besoin de limites et que le «non» le fait grandir. On a demandé à Houda Hjiej, pédopsychiatre, de nous citer les interdits à ne pas louper.

Texte Dorothée Paz

 

La séparation avec la mère
Le bébé est très tôt exposé à la frustration. Les moments de présence-absence de la mère sont des expériences de frustrations qui préparent la nécessaire séparation et ce, de façon progressive. Par son absence, même durant une période courte, la maman, ou le substitut maternel, signifie à l’enfant qu’elle ne peut pas toujours être là que pour lui. Elle introduit aussi la présence d’un tiers qui vient séparer progressivement ce « duo » fusionnel mère-bébé.

L’interdit de l’inceste, l’un des plus structurants de la vie psychique de l’enfant.
On pose très tôt l’interdit de l’inceste : On ne se marie pas avec son père, sa mère ou son frère». Ces notions très tôt signifiées à l’enfant lui permettent de gérer au mieux ses angoisses œdipiennes et de passer à la phase suivante du développement psychoaffectif en toute sérénité. Cet interdit est signifié à l’enfant durant toute la période œdipienne qui va de 3 à 6 ans et peut passer à travers des interdictions telles que «ne pas passer la nuit dans le lit des parents», «ne pas pouvoir s’accaparer l’un des parents pour soi tout seul tout le temps».

L’acquisition du «non» entre 12 et 18 mois
Rapidement, l’enfant va comprendre le « non », le refus, l’interdiction. Entre l’intonation, l’expression du visage et parfois l’association du geste à la parole. Cependant, tester l’adulte et tenter de faire reculer la limite est un jeu pour lui. C’est aussi l’occasion de s’affirmer. A l’adulte de rester ferme et de ne pas déroger. A cet âge-là, les interdits surviennent avec la marche, l’exploration du monde qui l’entoure et du « touche à tout ».

Des interdits en lien avec l’éducation souhaitée
En grandissant, l’enfant se verra confronter à différents interdits imposés par ses parents. Ces mêmes interdits découleront directement de leur vision de l’éducation, de leurs valeurs, de ce qu’ils veulent transmettre : interdiction de dire des gros mots, de ne pas respecter les règles de la maison, de voler, de tricher à un examen, de manquer à sa parole, de rouler sans permis, de griller un feu rouge, etc. Encore une fois, même s’ils paraissent universels, ces interdits émanent en premier lieu de ce que les parents ont imposé, transmis et aussi montré en exemple à leur enfant.

Nos ados adorent tester nos limites !
Tout simplement pour vérifier la solidité de celles-ci et pour s’assurer à quel point les parents sont garant d’une stabilité du cadre mis en place tout au long des années précédentes. L’adolescent a besoin que les adultes en face de lui fassent preuve d’un mélange de fermeté et de souplesse pour l’aider à intégrer de façon sereine ces limites, oh combien nécessaires pour son développement.

Bon à savoir :
«Les interdits vont avoir des effets plus positifs quand la relation à l’adulte qui les pose est basée sur l’amour et non sur le respect que sur la peur.»
«Le but final est de permettre à l’enfant de connaître ses limites pour pouvoir s’adapter au mieux aux exigences de son environnement.»
«Certains discours peuvent faire croire aux parents qu’il est culpabilisant, voire dangereux de poser des limites. Mais maintenir l’enfant dans la position de l’enfant roi, peut être dangereux pour cet être en devenir.»