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Votre enfant vient de vous dire qu’il sait comment on fait les bébés ? Super, vous n’aurez pas à le faire ! Mais horreur, que sait-il exactement ? Comment l’a-t-il appris ? Bref, il y a des questions délicates qu’on aimerait mieux éviter… sauf qu’on ne peut pas se dérober en permanence.

Texte Dorothée Paz

 

Parmi les questions gênantes, celles qui concernent le sexe !
Soyons honnêtes, il n’est jamais facile de parler de « ces » choses-là avec un enfant. Surtout quand il s’agit du sien. Mais bon, quand faut y aller…faut y aller, même si ces questions délicates nous renvoient à nos propres blocages et autres tabous. Inutile de tourner autour du pot. Parlez-lui franchement, avec des mots simples, et avec honnêteté. Installez-vous confortablement, prenez le temps de l’échange. L’enfant se sentira considéré et comprendra qu’aborder ce genre de sujet ne risque pas de déclencher une nouvelle guerre mondiale.

Appeler un chat, un chat !
On s’aide d’illustrations, d’encyclopédies pour enfants …Sans aller jusqu’à lui faire un cours magistral d’anatomie, expliquez-lui les choses avec des termes exacts. Pour les plus jeunes, on peut trouver des petits noms pour désigner les parties sexuelles. Mais on peut aussi dire clairement les termes «vagin», «pénis», et d’autres encore comme «ovule» ou «spermatozoïde» sans en rougir. N’est-ce pas l’appellation exacte ?

Et pour faire les bébés, comment ça se passe ?
Arrêtez d’infantiliser votre enfant. Pourquoi ne pas lui dire dès tout-petit que faire un bébé est avant tout un acte d’amour entre deux personnes ? Qu’il faut pour cela que le papa plante une graine dans le ventre de la maman et que des mois plus tard, la maman donne naissance à un bébé. Une explication un peu caricaturale mais moins surréaliste que ces histoires de cigognes, de petites filles qui naissent dans les roses, et de petits garçons dans les choux.

Lui parler de la puberté ?
Pour cela, on lui explique clairement les changements physiques auxquels il va être exposé. Pour le garçon, sa pilosité va augmenter et sa voix, muer. Chez la fille, on lui parle de sa poitrine qui va se développer, des règles qui surviendront chaque mois. Ce sera aussi le moment pour parler des risques relatifs aux rapports sexuels, et des moyens de se protéger. Sans qu’il soit question d’encourager votre enfant à sauter le pas, le plus important est qu’il ait conscience des risques encourus, comme les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées.

Parler de sexualité de façon positive.
«Je ne veux pas que mes enfants grandissent en ayant honte de leur corps, ou sans savoir ce qui se passe en eux.(…) parce que je ne leur rendrais pas service en leur mentant sur la sexualité.(…) Dire que ça ne concerne que papa et maman est un mensonge qui donne des adolescents qui ne savent pas comment gérer leurs bouffées d’hormones.».
Extrait d’un blog d’une maman américaine, relayé par Al Huffington Post Maroc.

L’avis de l’expert
Khalil El Alj, psychothérapeute.
– Même si une levée des tabous est indispensable pour répondre sans détours à nos enfants, en quoi la pudeur demeure nécessaire entre parents et enfants ?

«Une bonne éducation suppose une certaine pudeur… En effet, la pudeur pose une limite entre le manifeste et l’implicite. Un cadre ainsi fixé permet aux parents d’aborder avec leur enfant tous les sujets que les us et le bon sens permettent. L’enfant gagnera donc à n’entendre que ce qu’il est prêt à entendre, selon son âge et les expériences auxquelles il est confronté. Les parents accompagnent un processus de maturation, ils n’auront aucun bénéfice ni à le brider ni à le forcer.»