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Si ces notions peuvent paraître antinomiques aux yeux de nombre d’entre nous, avec Aïmane El Bakkali Kassimi, psychothérapeute, on tente de voir à quel point l’autorité peut s’avérer essentielle pour conduire nos bambins sur les sentiers de l’autonomie.

Texte Mélanie Wilms

 

Une frustration constructive
Si aujourd’hui, nombre de parents peuvent être effrayés à l’idée de frustrer leur enfant par une autorité marquée et, par la même, par l’imposition de certaines limites, soulignons que cette délimitation est des plus constructrices, ces limites établissant un cadre sécuritaire essentiel au développement de l’enfant. Plus encore, notons que dans un premier temps, le respect du règlement de la maison prépare l’enfant à l’appropriation des règles de l’école, de la rue et plus largement de la société. Si on ne lui a pas permis d’apprendre naturellement à s’approprier ses premières lois, il ressentira de grandes difficultés à les approprier dans les autres structures sociales. En outre, sans limite, l’enfant ne disposant pas de cadre sécuritaire, l’émotion négative se déployant, il n’aura pas la capacité d’apprendre et d’avancer dans son processus d’autonomisation. Rappelons en effet que les émotions positives permettent aux informations d’accéder de façon optimale au cortex (foyer des apprentissages cognitifs) par le biais du système limbique (foyer des émotions). Notons aussi qu’en cas de non respect des règles, l’établissement de sanctions aura pour but de pousser l’enfant à la réflexion, l’obligeant en même temps à accepter qu’on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut dans la vie, une situation qui peut engendrer une certaine frustration.

Vers une autorité bienveillante
Si l’on tend à inviter à l’éloignement du modèle de l’enfant roi, soulignons toutefois qu’il convient de ne pas tomber dans l’ «autoritarisme» d’autrefois. En opposition avec cet instrument de soumission désuet, le choix de l’instauration d’une autorité bienveillante, c’est-à-dire orientée vers l’échange et l’écoute entre les parents et les enfants, sera une clé fondamentale dans le processus d’autonomisation de l’enfant. Ainsi, en tant que parent, on se doit, lors d’une réprimande, de ne pas toucher à l’intégrité de l’enfant, qu’elle soit physique ou morale. En cas d’erreurs au sens large, c’est le fait, le geste ou la parole qu’il s’agira d’incriminer et non sa personne. Plus encore, le parent se doit d’être juste et de reconnaître son erreur face à son enfant.

Un processus inné
Bien qu’en qualité de parent, on a souvent tendance à penser qu’on a le devoir d’être acteur dans le développement de l’autonomie de son enfant, il importe de s’éloigner d’une attitude interventionniste. Inutile en effet, voire contreproductif de s’immiscer inlassablement de ce processus naturel, l’enfant ayant besoin dès son plus jeune âge de mettre en place des stratégies d’autonomisation afin de trouver peu à peu les solutions par lui-même. A noter toutefois que le parent se doit de tenir un rôle d’accompagnateur, d’observateur bienveillant prêt à intervenir en cas de danger ou lorsque l’enfant ressent le besoin de faire appel à lui.

Pour en savoir plus …
Signé Claude Halmos, discipline de Françoise Dolto (pédiatre et psychanalyste pour enfants de renom), «L’autorité expliquée aux parents» invite à prendre conscience de l’importance vitale de l’autorité dans l’éducation des enfants. Dans un propos intelligible pour tous, l’auteure répond aux questions d’Hélène Mathieu afin de nous transmettre que «Autorité peut rimer avec aimer et respecter».